La Chaux-de-Fonds prend soin des sources de Cormoret

Une partie du vallon de Saint-Imier et les Franches Montagnes sont alimentés par de l’eau qui ...
La Chaux-de-Fonds prend soin des sources de Cormoret

Une partie du vallon de Saint-Imier et les Franches Montagnes sont alimentés par de l’eau qui s’infiltre dans le sol à La Chaux-de-Fonds. Conséquence, une surface de onze kilomètres carrés est placée en zone de protection au sud-est de la ville. Un secteur qui accueille plusieurs gros chantiers et des exploitations agricoles.

Les sources de Cormoret sont alimentées par de l'eau qui s'infiltre dans le sol au sud-est de La Chaux-de-Fonds. (Photo : archives) Les sources de Cormoret sont alimentées par de l'eau qui s'infiltre dans le sol au sud-est de La Chaux-de-Fonds. (Photo : archives)

L'hydrogéologie a ceci de merveilleux que de l’eau entrée dans le sol ressort parfois plusieurs dizaines de kilomètres plus loin. C’est le cas pour les sources de Cormoret. Elles alimentent 25'000 habitants du côté du vallon de Saint-Imier et des Franches-Montagnes. La grande partie de cette eau provient de la région des Petites et Grandes-Crosettes, du Bas-du-Reymond, du Bas-Monsieur, ainsi qu’une partie des Reprises et de l’Ecouane, sur le territoire de La Chaux-de-Fonds.

Des études, menées par le Canton de Neuchâtel, le syndicat des eaux des Franches-Montagnes et la Ville de Saint-Imier, ont permis de délimiter une zone dite Sm de quelque onze kilomètres carrés de protection des sources. Dans ce périmètre, plusieurs secteurs ont été classés en zone de haute vulnérabilité (Sh). Des portions de territoire sur lesquels on ne peut pour ainsi dire rien faire. La plupart de ces secteurs sont difficilement accessibles, précise Patrick Jobin, le chef du service de l’urbanisme de La Chaux-de-Fonds. Il s’agit de trous, de combes ou de failles, énumère-t-il.

Les zones de protection Sm (hachurée en jaune) et Sh (hachurée en orange) sont au cœur des discussions du législatif chaux-de-fonnier. (Photo : Capture d'écran du SITN) Les zones de protection Sm (hachurée en jaune) et Sh (hachurée en orange) sont au cœur des discussions du législatif chaux-de-fonnier. (Photo : Capture d'écran du SITN)

C’est sur la délimitation de ces zones (Sm et Sh) que le Conseil général de la Métropole horlogère se penchera lors de sa séance du 27 octobre. La marge de manœuvre des élus est quasi inexistante, puisqu’il s’agit ici de respecter le droit fédéral.

Avec la définition précise, « à la parcelle près » de ces zones Sh, certains agriculteurs sont directement concernés sur des terrains qu’ils exploitent.

Une fois le rapport accepté par le législatif chaux-de-fonnier, il y aura une période de mise à l’enquête publique durant laquelle les parties concernées pourront faire valoir leurs droits et peut-être faire bouger les lignes de ces fameuses zones de haute vulnérabilité.

Patrick Jobin : « Notre rôle c’est de mettre en contact ces agriculteurs avec les services cantonaux qui peuvent leur apporter des réponses, le soutien pour adapter les pratiques et changer les modes d’exploitation de ces terrains. »

Au cœur de la zone Sm, des immenses chantiers sont en cours ou débuteront bientôt. Il s’agit de la construction de la H18 et de N20, du Centre d’entretien routier des Montagnes (CERM) et de la future ligne ferroviaire directe entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. Les maîtres d’ouvrage ont pris toutes les mesures nécessaires pour répondre à la législation en vigueur concernant la protection des eaux.

« Par exemple, pour le CERM, cela implique qu’il ne peut pas intégrer de stockage de carburant pour les véhicules. »

Et puis, il y a la station-service installée à la sortie du tunnel du Mont-Sagne. Celle-ci est vouée à disparaitre. D’abord parce qu’elle n’a rien à faire dans une zone protégée et ensuite, parce qu’une fois les travaux routiers terminés, elle se situera « sur le tracé des routes et autres bretelles autoroutières qui seront construite sur ce secteur ».

« On va accompagner les autorités pour trouver un emplacement pour cette station-service, si c’est la volonté du propriétaire de se relocaliser. » 

Le chef du service chaux-de-fonnier de l’urbanisme ajoute encore qu’à sa connaissance, il n’y a jamais eu de problème de pollution des sources de Cormoret. Il précise que lors des études ont mis en évidence que l’eau qui s’infiltre au Bas-du-Reymond met très peu de temps pour rejoindre le vallon de Saint-Imier. « Si une pollution est constatée, ça veut dire qu’on n'a plus d’eau très rapidement et pas de moyens de se retourner ». /cwi


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