Alors que l’industrie du chocolat fait face à une baisse de la consommation d’environ 6% en Suisse au premier semestre 2026, le fabricant de Ragusa et de Torino n’est pas épargné. Mais la hausse des prix du cacao et l’évolution de la consommation ne suffisent pas à expliquer ce recul. Pour le directeur général de Chocolats Camille Bloch basé à Courtelary, la canicule de cet été a joué un rôle sur les résultats.
La chaleur n’a pas fait les affaires des fabricants de chocolat. Alors que la consommation de chocolat a reculé d’environ 6 % en Suisse au premier semestre 2026, l’entreprise de Courtelary Chocolats Camille Bloch est également touchée. « Par rapport à l’année qui n’était déjà pas une année formidable, nous avons enregistré un nouveau recul en 2026, de l’ordre de 10 % », souligne le directeur général de l’enseigne. Selon Daniel Bloch plusieurs facteurs entrent en jeu, il évoque notamment le climat général de consommation et le coût de la vie ainsi que la hausse du prix du chocolat. La chaleur a également pesé dans la balance : « à partir d’une certaine température, les gens consomment moins de chocolat. C’est quelque chose que nous avions déjà observé en 2003 et qui se reproduit cette année de manière assez extrême ».
Entretien avec Daniel Bloch :
Pour faire face à la baisse de la demande, l’entreprise ne prévoit pas de réduire ses prix ni de multiplier les promotions. Elle entend maintenir ses exigences de qualité et préserver la valeur de ses marques. « Nous ne voulons pas entrer dans une logique de promotions permanentes », explique le directeur général.
À court terme, cette stratégie implique d’accepter une diminution des volumes vendus et de surveiller les dépenses. La production a également été réduite. L’entreprise reste attentive aux postes de travail à repourvoir, sans avoir engagé de restructurations majeures. Des mesures déjà rodées au sein de l’entreprise : « nous sommes habitués à cette discipline. Ces dernières années, les difficultés se sont succédé : après la pandémie, il y a eu la crise énergétique, la guerre en Ukraine, la flambée du prix du cacao et, maintenant, les effets de la chaleur », souligne Daniel Bloch.
Des marchés à développer à l’étranger
Malgré le recul des ventes, Daniel Bloch ne parle pas de crise. Il estime toutefois que l’entreprise doit s’adapter à une baisse qui dure depuis un certain temps. Pour rester compétitive, elle mise sur la maîtrise des coûts, la communication et l’innovation. De nouveaux produits ont notamment été lancés autour des marques Ragusa et Torino, avec la gamme « so nuts ».
Le développement à l’étranger constitue un autre axe stratégique. La marque vise notamment la Géorgie, l’Azerbaïdjan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. Étant donné que l’entreprise cultive ses noisettes en Géorgie, elle a « un lien concret avec cette région », précise le directeur général. Daniel Bloch souligne que cette stratégie demandera du temps et des efforts avant de produire des résultats.
La fin de l’année sera déterminante
L’entreprise compte désormais sur les derniers mois de l’année pour redresser la situation. La baisse des températures et l’approche des fêtes de fin d’année pourraient favoriser une reprise de la demande. Camille Bloch poursuit également ses efforts de communication, notamment avec un partenariat lancé avec le skieur Franjo von Allmen.
Les ventes de fin d’année seront donc déterminantes pour mesurer l’ampleur d’un éventuel rebond et sa capacité à compenser le ralentissement observé ces derniers mois. /ami









