Ascension du Lhotse Shar en 1981 : témoignage en images d’un Vallonnier

Fin août 1981, le Vallonnier Jean-Claude Thiébaud s’élançait à l’assaut du Lhotse Shar équipé ...
Ascension du Lhotse Shar en 1981 : témoignage en images d’un Vallonnier

Fin août 1981, le Vallonnier Jean-Claude Thiébaud s’élançait à l’assaut du Lhotse Shar équipé d’une caméra 16mm. Culminant à 8383 mètres d’altitude, le sommet himalayen a réservé un sort tragique à l’expédition suisse. Les images retraçant le début de l’ascension sont projetées ce vendredi soir à Couvet.

Jean-Claude Thiébaud a tourné une partie des images du film « Lhotse 1981 ». Jean-Claude Thiébaud a tourné une partie des images du film « Lhotse 1981 ».

Il y a 45 ans, l’enseignant vallonnier Jean-Claude Thiébaud s’élançait à l’assaut du Lhotse Shar, un sommet himalayen culminant à 8383 mètres d’altitude. « Enseignant de métier, mais mordu d’alpinisme, je connaissais le chef d’expédition, Joseph Fauchère, pour avoir fait des camps avec lui dans la région d’Arolla », précise le Vallonnier. Ayant appris que l’expédition valaisanne cherchait un caméraman alpiniste, Jean-Claude Thiébaud, qui avait auparavant « tourné un film-souvenir en Super 8 dans la Cordillère des Andes », a été engagé pour appuyer Henry Rossier, cinéaste professionnel déjà attaché à l’expédition. L’objectif initial était de financer celle-ci en vendant le film à son retour.

Avant son ascension du Lhotse Shar, Jean-Claude Thiébaud tournait des images souvenirs avec une petite caméra en Super 8.

Mais le destin réservera une fin tragique à l’expédition initiée fin août 1981 à Katmandou. Sur les six grimpeurs, dont deux sherpas népalais, partis à l’assaut final depuis le camp 4 établi à 7150 mètres d’altitude, seuls deux guides de montagne valaisans parviendront au sommet et en redescendront vivants. « Les six grimpeurs étaient partis très tôt le matin, encore dans la nuit, mais c’était très long et techniquement très difficile. Les deux sherpas, pourtant habitués des sommets de l’Himalaya, renoncent et reviennent sur leurs pas. A 8000 mètres d’altitude, deux alpinistes suisses, Pierre et Philippe, abandonnent à leur tour. Les deux restants réussissent à atteindre le sommet, prennent des photos, puis redescendent péniblement en direction du camp, qu’ils trouvent vide », relate Jean-Claude Thiébaud. Décidant de poursuivre la descente jusqu’au camp précédent où se trouvaient le Vallonnier ainsi que le chef d’expédition qui devaient tenter l’assaut final le surlendemain, les deux vainqueurs du sommet apprennent que Pierre et Philippe n’y sont pas. 

« Nous sommes montés au camp 4, nous avons fait des recherches. Nous avons finalement conclu, en voyant des traces de couleurs dans la face sud du Lhotse, qu’ils avaient fait une chute de 1000 mètres. » Essuyant ses larmes, l’expédition renonce à poursuivre. « Nous avons tout plié, tout rangé, pour attaquer la descente. » Mais le cauchemar n’était pas terminé. « Pendant la descente, sur un chemin relativement large emprunté par des férus de trekking, le chef d’expédition trébuche et fait une chute de 15 mètres qu’il termine sur la tête, le tuant sur le coup. C’était l’horreur », se remémore Jean-Claude Thiébaud.

« C’était une grosse expédition, nous avions 6 tonnes de matériel. »

De retour en Suisse, les deux cinéastes de l’expédition participent au montage du réalisateur genevois François Jaquenod, qui fait le choix « d’éviter un résultat didactique pour privilégier les émotions : le commentaire, parfois franchement confus, est celui de quelques membres de l’expédition invités à visionner les images et à exprimer, au micro, ce qu’elles leur font ressentir », prévient Jean-Claude Thiébaud. Finalement pas exploité par l’expédition pour en tirer un quelconque apport financier, le film n’a pas souvent été projeté publiquement. Ce vendredi, c’est la première fois qu’il sera présenté sur grand écran au Val-de-Travers. La séance est prévue à 20h au cinéma Colisée à Couvet. Jean-Claude Thiébaud sera présent pour dire quelques mots avant la projection : « ce ne sera pas long, l’important est de s’imprégner de cette ambiance, de voir ce témoignage d’une époque qui est désormais révolue. » /aes


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