Une cellule de crise vient d’être créée dans le canton, sous l’égide de l’Office des archives de l’État. Elle s’est livrée à son premier exercice de sauvetage en cas d’inondation ce jeudi au Château de Neuchâtel. Une manœuvre qui permet également de préparer les équipes au déménagement des archives cantonales dans leur nouvel écrin à La Chaux-de-Fonds.
Rubalises, tentes, personnes en tenue de protection civile qui poussent des charriots : une certaine effervescence était perceptible jeudi dans la cour du Château de Neuchâtel et dans ses couloirs. Une trentaine de personnes a participé à l'exercice organisé par l’Office des archives de l’État de Neuchâtel (OAEN) avec l’appui de la Protection civile (PC).
L'opération a pour vocation de tester concrètement les procédures de prise en charge, de sécurisation et de déplacement des documents sinistrés. Du personnel des archives de la Ville de Neuchâtel et de la Bibliothèque de La Chaux-de-Fonds y ont également pris part, dans le cadre de la nouvelle cellule de crise qui vient d’être créée. « Elle répond aux besoins de coordination et de réaction par rapport à des évènements catastrophiques », explique Lionel Bartolini. L’idée n’est pas d’avoir « un plan d’urgence théorique », mais plutôt une entité et un réseau de compétence à disposition en cas de sinistre, relève l’archiviste cantonal.Lionel Bartolini : « C’est très utile de pouvoir compter sur le soutien des autres institutions. »
Cet exercice était donc l’occasion de tester la coordination et la marche à suivre en cas de crise. Mais il permettait aussi de tirer des enseignements en vue du grand déménagement de toutes les archives de l’État dans le nouveau Centre d’archives et de patrimoine à La Chaux-de-Fonds, actuellement en construction. « Grâce à cet exercice, on peut identifier quels sont les problèmes potentiels pour organiser ces transports, par exemple des goulets, des ruptures de charge, des escaliers, des portes trop étroites, des ascenseurs trop petits », explique Lionel Bartolini. « On a identifié qu'il faut une heure et quart pour transférer les archives à La Chaux-de-Fonds dans le dépôt et revenir, si le trafic est clément », a précisé Arnaud Besson, le chef de la cellule de crise PC pour la protection des biens culturels.
« Toutes nos collections, nos fonds, c’est à peu près 15 km linéaires d’archives. »
Le déménagement des archives commencera formellement en 2028 et durera plus d'une année. « On devra sûrement le stopper durant les mois d'été, car l'humidité dans l'air pourrait mettre en danger les archives », a ajouté Lionel Bartolini.
L’ennemi numéro 1 : l’eau sous toutes ses formes
Des catastrophes de grande ampleur, comme l’inondation fictive de l’exercice de ce jeudi, il n’y en a jamais eu aux archives de l’État. « On a, par contre, eu affaire à des sinistres un peu moins importants. Généralement, ce sont des problèmes liés à l’eau, soit des infiltrations, soit un taux d’humidité trop élevé », détaille Lionel Bartolini. Chaque minute compte avec ce type de sinistre, car après deux à trois jours, des moisissures peuvent apparaître et mettre en danger une collection. « Ce qui est pernicieux avec l’eau et l’humidité, c’est qu’on le découvre parfois trop tard », déplore l’archiviste cantonal.
« Le principal danger pour les dépôts d’archives, c’est l’eau, sous toutes ses formes. »
En cas de sinistre, il faut identifier rapidement les archives prioritaires, comme par exemple des documents très rares, très vieux (du Moyen-Âge), ou à un unique exemplaire, ou qui ont une valeur juridique. La section protection des biens culturels de la PC est formée à faire le tri, sous la supervision d'experts. Il s'agit de trier les archives sèches, de celles qui peuvent être déshumidifiées, ou celles qui sont mouillées et détrempées. Dans ce dernier cas, les archives doivent être mises au congélateur. Lors d'une catastrophe d'ampleur, des entreprises partenaires externes ou d'autres institutions doivent être sollicitées pour utiliser leur congélateur.
Explication de l’exercice avec Arnaud Besson, le chef de la cellule de crise :
Arnaud Besson précise que d’autres exercices de ce type seront organisés à l’avenir. /ATS-lgn










