Le pressoir de la Bor de Valangin est sous pression

En raison de la canicule, de nombreux fruits à cidre, comme les pommes, sont tombés des arbres ...
Le pressoir de la Bor de Valangin est sous pression

En raison de la canicule, de nombreux fruits à cidre, comme les pommes, sont tombés des arbres avant leur maturité. Une situation qui pousse la coopérative à tourner au ralenti et qui pèse lourdement sur ses finances, déjà fragiles. Son gérant tire la sonnette d'alarme.

Julien Auroi, à droite, gérant du pressoir de la coopérative de la Bor, tire la sonnette d’alarme. Julien Auroi, à droite, gérant du pressoir de la coopérative de la Bor, tire la sonnette d’alarme.

Le pressoir de la Bor, à Valangin, n’a pas la pêche… ni les pommes. L’été caniculaire de cette année a fortement affecté les vergers haute-tige du canton de Neuchâtel. Ces cultures sont difficilement arrosables en raison de leur étendue, ce qui a provoqué une importante perte de fruits à cidre dans la région.

Une situation qui touche directement la coopérative, qui produit du jus avec ses propres fruits, mais aussi avec ceux apportés par des particuliers. Julien Auroi, gérant du pressoir de la coopérative de la Bor, tire la sonnette d’alarme : « C’est une catastrophe sur le plan économique. Nos structures et notre personnel sont là, et nous comptons sur un volume minimum pour pouvoir tourner. Cette année, c’est sûr, nous ne l’aurons pas. Et cela fait plusieurs années que nous rencontrons ce problème : soit nous avons de la grêle, soit du gel sur les fleurs, soit des canicules. Cela devient vraiment problématique. »

« Le pressoir fête ses 18 ans cette année et, sans dire de bêtises, c’est probablement la pire année que nous ayons jamais vécue », ajoute-t-il.

Julien Auroi : « Sans aide financière, je pense que le pressoir est sérieusement en danger. »

Pourtant, l’année avait bien débuté pour la coopérative neuchâteloise. « On a eu une super floraison, il y a eu de la pluie quand les feuilles sont sorties, quand les fleurs étaient là, quand les pommes se sont formées au printemps », explique Julien Auroi.

Puis les choses se sont gâtées : « On a eu la malchance de voir arriver une canicule persistante, semaine après semaine, mois après mois. […] Petit à petit, les arbres ont laissé tomber leurs fruits en juillet et après en août, parce qu’ils n’arrivaient pas à avoir assez d’eau pour les mener à maturité. »

« 80% des fruits qui étaient prévus sont tombés par terre, pas mûrs. Donc il ne nous en reste plus que 20% à presser. »

Si la situation est tendue dans la région, Fruit-Union Suisse, la faîtière nationale de la branche, annonçait pourtant, dans un communiqué paru le 20 août, une quantité de fruits à cidre plus importante cette année qu’en 2025.

Selon Julien Auroi, la faîtière se base principalement sur les exploitations qui disposent des infrastructures et des moyens financiers nécessaires pour arroser abondamment leurs vergers. Il s’agit, pour la plupart, de vergers basse-tige, plus faciles à irriguer que les vergers haute-tige, précise t-il encore.


Les fruits sont sucrés

Julien Auroi tente tout de même de trouver un petit point positif à cette année « catastrophique ». « Les fruits qui arrivent au pressoir sont plutôt de bonne qualité. Le calibre est plutôt petit, mais la qualité est bonne. Ils sont vraiment très sucrés », ajoute le gérant du pressoir de la coopérative de la Bor.

Il nuance toutefois : « Les fruits qui arrivent, il faut les presser tout de suite parce qu’ils ne se gardent pas. Ils tournent très vite, ils pourrissent très vite. C’est aussi une problématique pour le pressoir parce que les fruits qui arrivent, on n’a vraiment pas le temps de les laisser. Il faut vraiment qu’on presse en flux tendu parce que sinon il y a beaucoup de pertes. »

À gauche, une pomme de calibre normal , à droite, un fruit de taille moyenne cette année. À gauche, une pomme de calibre normal , à droite, un fruit de taille moyenne cette année.

« En plus de la canicule, on a encore de la perte au pressoir, mais sinon la qualité du jus est vraiment bonne. »

Julien Auroi espère simplement qu’une année comme celle-ci ne se reproduira pas, sans quoi le pressoir pourrait définitivement mettre la clé sous la porte. Lui qui ne se verse plus de salaire pour maintenir l’activité à flot espère désormais que le vent tournera et que la pluie reviendra de manière plus régulière durant l’été. /yca


Actualisé le

 

Actualités suivantes

Articles les plus lus