Art Môtiers, première du nom, mais 9e d’une tradition initiée en 1985, se termine ce dimanche. Environ 30'000 visiteurs ont arpenté le parcours durant les trois derniers mois. Comme le veut la coutume, quelques œuvres perdureront dans le village ou ailleurs au Val-de-Travers.
Le flot d’amateurs d’art contemporain s’est tari à Môtiers. La version 2026 de l’exposition d’art en plein air, rebaptisée Art Môtiers et menée par un comité entièrement renouvelé après huit éditions, se clôt ce dimanche en présence de nombreux artistes ayant participé à l’événement. Les organisateurs estiment avoir reçu environ 30'000 visiteurs. Après « deux-trois semaines plutôt calmes », l’affluence n’a fait qu’augmenter : « Les infrastructures, surtout la caisse et la buvette, ont été mises à rude épreuve. Il a fallu prendre des mesures pour s’adapter, en augmentant notamment le nombre de bénévoles présents », glisse Emil Margot, président du comité d’organisation.
Avouant un brin de fatigue après « trois mois intenses », Emil Margot est « hyper content ! Les chiffres de fréquentation seront consolidés ces prochains jours, mais on peut déjà dire qu’on ne s’attendait pas à accueillir autant de visiteurs que lors de la dernière édition qui avait bénéficié d’une affluence exceptionnelle dans le contexte de la pandémie de Covid. » Le président du comité salue l’investissement sans faille des bénévoles qui ont « spontanément offert leur aide lors de petits couacs », mais aussi l’accueil des habitants du village qui ont « à nouveau joué le jeu. »
Emil Margot « Plusieurs petites œuvres sur des bâtiments, par exemple, pourraient rester. »
Héritage artistique
Si le calendrier d’une éventuelle prochaine édition n’est pas encore établi – le comité d’organisation souhaitant se laisser le temps du repos et de la réflexion – l’avenir des œuvres de cette édition est en train de se dessiner. Comme de coutume, quelques-unes d’entre elles perdureront dans le village ou ailleurs dans le Val-de-Travers. « Les contrats établis avant l’événement précisent si l’œuvre est destinée à être reprise par l’artiste, laissée aux organisateurs ou démontée », explique Emil Margot. En ce qui concerne les œuvres données à Art Môtiers, des discussions entre organisateurs, artistes, propriétaires des emplacements et autorités vallonnières permettent d’établir ce qu’il en adviendra. « La Commune de Val-de-Travers accepte volontiers les dons d’une partie de ces œuvres, car cela fait partie de l’histoire de l’événement depuis 1985. Leur présence dans l’espace public permet aux gens de se questionner et c’est bien à cela que sert la culture », note la conseillère communale Sarah Fuchs-Rota. « L’idée n’est toutefois pas qu’il y ait des œuvres dans tout le village, il faut laisser de l’espace pour organiser de prochaines éditions », précise Emil Margot.
« Ces œuvres sont la traduction d’un attachement à l’événement. »
Après Dépôt de sel en 2003, La traversée des chats volants en 2015 ou encore Antipholus et Dromia en 2021 pour n’en citer que quelques-unes, il est possible qu’une partie des arrêts de volets d’Adrian Fernandez Garcia restent ici ou là sur les maisons môtisannes. « Des discussions sont encore en cours pour cette œuvre et d’autres, il faut que cela reste un choix des habitants et de la Commune, le comité n’impose rien », glisse Emil Margot. De son côté, Sarah Fuchs-Rota se réjouit déjà « d’intégrer dans des espaces scolaires et parascolaires les bancs de Karim Forlin réalisés en collaboration avec les classes de Môtiers. D’une manière générale, une réflexion est menée au sujet de l’intégration des œuvres dans l’espace public et leur respect des normes qui le régissent, en matière de sécurité notamment. »
« Le comité réfléchit à créer un fond pour maintenir ou rénover certaines œuvres. »
La conseillère communale chargée de la culture se réjouit également de la volonté du comité d’Art Môtiers 2026 de créer un fond pour entretenir les réalisations qui le nécessiteraient. Emil Margot souligne qu’à ce stade « la plupart des œuvres de précédentes éditions sont entretenues par le propriétaire du terrain sur lequel elles se trouvent. Certaines autres, comme Elsa de Martial Leiter, disparaissent avec le temps, retournant à la nature. » /aes









