À une semaine du coup de canon, les équipes du cortège de la Fête des Vendanges réalisent les derniers préparatifs. Quinze chars décorés de plus de 450'000 dahlias défileront dimanche prochain dans les rues de Neuchâtel. Immersion au cœur du chantier au port du Nid-du-Crô.
Il s’agit du plus long cortège de ces vingt dernières années. Le traditionnel Corso fleuri de la 99e édition de la Fête des Vendanges de Neuchâtel accueillera quinze chars recouverts de près de dix tonnes de matière végétale. Mis bout à bout, ils représenteront un défilé de 180 mètres de long, sans oublier les nombreuses formations musicales additionnelles qui ambianceront le public. Le coup de canon du cortège sera donné dimanche prochain à 15h00.
À une semaine du coup d’envoi, le président de la commission du Corso fleuri, Yvan Flühmann, se sent stressé, mais surtout « excité » de voir enfin son projet prendre vie. Il explique que pour la première fois cette année, trois chars attelés en tracteront un autre, ce qui formera des double-chars. Autre nouveauté : une chorale prendra place sur l’un des chars. Un grand travail a aussi été réalisé autour du thème de la fête : « L’alchimie des sens ». Pour cela, trois tableaux seront proposés : « L’alchimie des saveurs », « L’alchimie des mystères » et « Les sens en voyage ». Pour ce dernier, le concepteur du cortège affirme que les cinq sens humains du public seront mobilisés. « Il y a aussi quand même des surprises et pas mal d’immersion » ajoute Yvan Flühmann.
Yvan Flühmann : « On va essayer de faire en sorte que le public puisse voir, entendre, sentir et goûter »
En quête constante de grandeur
Le prix des places a aussi évolué cette année. Le bracelet de soutien de la fête ne permet plus d’assister gratuitement au cortège debout. Ces billets passent de 10 à 15 francs, et donc 5 francs pour les détenteurs du bracelet vert dont le code fait office de bon de réduction. Les places assises coûtent quant à elles entre 30 et 35 francs selon le rang. Interrogé sur ce choix, Yvan Flühmann explique que le prix des matières premières a « explosé ». De plus, le Corso fleuri accueille des groupes et fanfares de l’étranger, notamment de France, des Pays-Bas ou encore d’Allemagne. Les équipes sont aussi prises dans un cercle vertueux en quête constante de nouveauté et de grandeur. Afin de continuer à offrir un tel spectacle au public, une augmentation s’imposait. Le président du cortège relativise toutefois en disant que cette première hausse des prix depuis neuf ans est « ponctuelle » et que « ce n’est pas quelque chose qu’on aura chaque année ». Il rappelle aussi qu’il s’agit du dernier corso de Suisse et souligne la « chance qu’on a d’avoir un patrimoine comme ça à l’intérieur de notre région ».
« On veut offrir un spectacle encore plus grand chaque année aux spectateurs neuchâtelois. »
Une affaire d’équipe et de famille
Derrière Yvan Flühmann et ses dessins, une équipe d’une vingtaine de personnes s'active dans son chantier situé au port du Nid-du-Crô. Elles sont issues de différents corps de métiers allant de soudeurs à mécaniciens et s’occupent de la réalisation du convoi sur la base des indications données par le président du Corso fleuri. Les moteurs des chars sont issus de vieux camions des années 50 à 70 récupérés à droite et à gauche. Les structures sont en acier, puis recouvertes de Sagex ou de papier maché afin de venir planter les fleurs.
Arnaud Fiens est responsable de la sonorisation et de l’automation des chars. Il s’occupe dans l’ensemble de tous les éléments mobiles. C’est donc à lui que le travail sur les cinq sens incombe. Il explique que le toucher est le sens le plus compliqué pour des raisons de sécurité. Mais la vue, le goût et l’odorat seront bel et bien présents, pour autant que son installation olfactive, qu'il faut encore tester, fonctionne.
Loic Macellaro est en charge des chauffeurs des chars, mais il s’active aussi au sein du chantier avec des pré-constructions. Au moment de notre visite, il était en train de réaliser un prototype de tube pour recréer une aurore boréale. Il explique qu’il s’agit avant tout d’un travail d’équipe avec de nombreux essais et échecs avant de trouver la bonne solution. Il résume en disant que « c’est une grosse machine où beaucoup de personnes réfléchissent ensemble ».
Le Corso fleuri est aussi une affaire de famille. Le père de Yvan Flühmann, Freddy, donne un coup de main et veille à ce que les ouvriers aient tout ce dont ils ont besoin pour travailler. Sa femme est aussi en charge des fleuristes et son petit-fils était en pleine observation du travail familial, peut-être pour reprendre le flambeau un jour.
Reportage au cœur du chantier :
Les équipes ont jusqu’à mercredi pour terminer les chars. Dès 18h00, le chantier ouvrira ses portes au public afin de présenter les réalisations. C’est aussi l’occasion de voir les dessins des chars. Le tout avant que mille écoliers neuchâtelois ne viennent piquer les fleurs entre jeudi et vendredi. Une petite restauration sera proposée et vous pourrez aussi assister à la répétition générale des figurants du Corso fleuri. Le clou du spectacle sera à découvrir dimanche. /ewa











