La cellule dédiée à l’intelligence artificielle pour le Canton a mis sur pied plusieurs processus afin de limiter les dangers liés à son utilisation dans les services. Après un an de fonctionnement, la déléguée à l’IA, Géraldine Schaller-Conti, tire un premier bilan positif.
« Ça a été une année riche en développement ». Voilà presque un an que Géraldine Schaller-Conti a été nommée déléguée à l’IA pour le Canton de Neuchâtel. Elle dirige depuis octobre 2025 une cellule dédiée à l’intelligence artificielle. Cette structure transversale a été imaginée afin de sensibiliser les collaborateurs des services de l’État face aux dangers liés à l’usage de l’IA. « Notre priorité était de sécuriser les données sensibles ou personnelles lors du boom de l’utilisation de ces outils », explique la déléguée. En effet, avant novembre 2022 et l’avènement de « Chat GPT », ces technologies étaient réservées aux experts, ajoute la coordinatrice de la cellule. Aujourd’hui, une simple connexion internet suffit pour y avoir accès. Plusieurs processus ont ainsi été conçus au sein de l’État pour limiter les risques, dont des formations à disposition des collaborateurs, des recommandations d’outils à privilégier, une charte éthique ainsi qu’une directive juridique.
Géraldine Schaller-Conti : « Nous avons dû travailler sur différents fronts en parallèle. »
La cellule est pensée comme une référence à disposition des services. « Bien sûr, il n’y a aucune obligation à utiliser l’IA », affirme Géraldine Schaller-Conti. « Nous sommes simplement un relais pour les personnes qui en ont besoin. » La création de ces processus a été bien accueillie par les collaborateurs, selon la déléguée : « Je pense que la plupart étaient soulagés de voir qu’un cadre avait été posé ».
Un outil interne envisagé
Les règles étant maintenant définies et connues des collaborateurs, le défi majeur de la cellule est de rester à la page, car la vitesse d’évolution de son domaine est sans précédent. « La veille technologique est très importante, on doit s’assurer que l’on est capable de cadrer chaque nouvelle technologie qui pourrait arriver », décrit l’ancienne physicienne des particules au CERN. En ce sens, le prochain projet que souhaite développer la cellule est un outil d’intelligence artificielle interne aux services de l’État. Une IA créée pour des besoins spécifiques et hébergée sur des serveurs cantonaux. Les employés pourraient ainsi l'utiliser en toute sécurité.
« C’est vraiment dans le but de sécuriser les données et d’enlever un fardeau aux utilisateurs. »
Cette IA générative ne peut, pour le moment, pas se développer en interne, car les services concernés sont très occupés. « On souhaite se tourner vers des entreprises privées qui pourront travailler plus rapidement », affirme Géraldine Schaller-Conti, qui justifie ce choix par des notions de calendrier plus que par une question de compétences.
Neuchâtel, un canton « à la page »
Dans le cadre de ses missions, la cellule neuchâteloise collabore aussi avec les autres cantons afin de mutualiser les connaissances et les bonnes pratiques en matière de gouvernance de l’intelligence artificielle. Selon la déléguée à l’IA, Neuchâtel n’est pas à la traîne face à ses voisins romands, il s’en sort même plutôt bien.
« C’est un petit canton, mais aussi très fort en innovations technologiques. »
Par sa taille et son attrait aux domaines de l’innovation, le Canton de Neuchâtel a fait un bon chemin pour ce qui est de la gouvernance de l’IA, affirme la déléguée. Cela malgré le fait que cette cellule ne soit constituée que de trois collaborateurs et ne dispose d’aucun budget propre. « Nous essayons d’optimiser toutes nos ressources, qu’elles soient écologiques ou budgétaires », déclare Géraldine Schaller-Conti. Le peu de financement dont ont bénéficié les projets de la cellule est venu d’autres Services, explique la déléguée. Une fierté pour la responsable au moment de regarder le chemin parcouru jusqu’ici. « On n’a pas chômé », termine-t-elle avec le sourire. /crb









