La pression financière pèse de plus en plus sur la jeunesse. Celle-ci inciterait même certains à repousser des décisions importantes concernant leurs projets de vie comme le démontre une récente étude. Témoignage d’un jeune Neuchâtelois.
Difficultés à se loger, à payer les transports ou même à se nourrir. Les jeunes Suisses, tout comme les Neuchâtelois, sont de plus en plus confrontés à des pressions financières, qui pourraient même avoir des conséquences directes sur leurs choix d’avenir. C’est en tout cas ce que révèle une étude menée en juin dernier par le cabinet international Deloitte.
Sur le terrain, ces réalités prennent des formes bien concrètes. Mikael, 25 ans, en a fait l’expérience. À la suite de problèmes personnels, l’étudiant à l’Université de Neuchâtel s’est retrouvé dans une situation précaire, notamment sur le plan du logement. « Post-Covid, les demandes ont beaucoup augmenté et la disponibilité a décru », explique-t-il. À Neuchâtel, où les besoins de logements étudiants ont grimpé, les obstacles se sont accumulés : « Ce sont des difficultés qui se sont répercutées sur moi. Financièrement, pour me nourrir, ça a été très difficile avec les prix qui augmentaient. »
Une situation loin d’être isolée. Selon l’étude, près d’un tiers des 20-30 ans (génération Z) et un peu plus de deux cinquièmes des 30-40 ans (millennials) ressentent une insécurité financière.
Mikael : « Je devais compter mes sous en fin de mois. »
Une précarité non sans conséquences
Le jeune homme raconte qu’il a pu observer, au travers de sa situation personnelle et de son engagement au sein de la Fédération des Etudiants Neuchâtelois (FEN), des difficultés d’ordre psychologique liées à la précarité. Beaucoup de ses connaissances confient vivre de l’anxiété ou du stress. « Ce sont des conversations qui reviennent sans cesse à la fin des cours, des dîners ou des réunions avec l’association », déplore-t-il.
« On a toujours ces questions qui reviennent en boucle. »
Un engagement tardif
Pour Emmanuel Schwab, psychologue et psychothérapeute à La Chaux-de-Fonds, cette instabilité rend plus difficile la capacité des jeunes à se projeter dans l’avenir. « On pourrait parler d’une sorte d’adolescence qui se prolonge et qui rend difficile le fait de s’engager », explique le professionnel. Et d’ajouter : « L’engagement permet aussi qu’on soit considéré comme une personne sur laquelle on peut compter. » Des étapes qui, selon lui, interviennent désormais plus tard dans le parcours des jeunes.
Emmanuel Schwab : « C’est difficile de se projeter. »
La carrière n’est plus perçue comme une priorité
Malgré leurs préoccupations financières, près d’un jeune de la génération Z ou millennial sur cinq interrogé ne travaille pas à temps plein ou n’a pas d’emploi fixe. Pour 23 % de la génération Z et 20 % des millennials, la priorité reste ainsi le maintien d’une harmonie entre vie professionnelle et vie privée, devant même la progression de carrière. « Il y a une volonté de trouver un équilibre avec la vie de famille ou la vie amicale et de ne pas se laisser manger par le monde du travail », observe Emmanuel Schwab. Une tendance qui pourrait toutefois rendre certains postes moins attractifs : « C'est une bonne chose de pouvoir chercher de meilleurs équilibres sur le long terme, mais ça peut compliquer le fait d’accepter des postes qui seraient très exigeants. »
« On observe une volonté de mettre du sens. »
L’étude Deloitte a été réalisée dans 44 pays d’Amérique du Nord, d’Amérique latine, d’Europe, du Moyen-Orient, d’Afrique et de la région Asie-Pacifique. En Suisse, 400 personnes (300 représentants de la génération Z et 100 millennials) ont participé à l’enquête. /jta









