Le Canton de Neuchâtel est le cancre de la mobilité cyclable. Le Conseil d’État a donc mis en consultation un nouveau Plan directeur cantonal, jusqu’au 14 août dernier. Les critiques n’ont pas tardé.
Les Neuchâtelois boudent le vélo pour leurs trajets quotidiens. Le canton de Neuchâtel atteint péniblement les 2,6% de part modale cyclable selon les dernières statistiques disponibles, alors que la moyenne suisse s’élève à 7,9%. Le Conseil d’État a donc mis en consultation, jusqu’au 14 août dernier, son nouveau Plan directeur cantonal de la mobilité cyclable (PDCMC). Ce mercredi, le WWF, Pro Natura, Pro Vélo et l’Association transports et environnement (ATE) présentaient leurs retours et ils sont loin d’être dithyrambiques. De manière générale, elles le jugent pas assez ambitieux au vu de la situation actuelle et des défis à venir.
Sylvie Barbalat, chargée d’affaire au WWF : « On estime que le plan directeur tel qu’il est prévu ne va pas du tout permettre de réaliser ces objectifs. »
Parmi les griefs, l’absence d’échéance concrète et précise de l’augmentation de la part modale, le manque de liaisons entre les différentes régions du canton, mais aussi et surtout des impacts trop importants sur la nature. Au total, 6130 m2 de surfaces forestières devraient par exemple être défrichées pour la mobilité cyclable, selon le plan directeur. Pour le WWF, ce n’est pas acceptable.
« On demande que les aménagements cyclistes se fassent prioritairement dans les gabarits routiers actuels. »
Moins d’emprise sur la nature signifiera donc moins d’aménagements cyclables réalisés. Toutefois, pour Pro Vélo et pour l’ATE, la vision est la même : il faut augmenter les voies pour les vélos en repensant celles destinées aux automobilistes.
Olivier Neuhaus, membre du comité de l’ATE : « Il s’agit d’optimiser les projets et de réfléchir. »
Plus de 220 millions investis
Pourtant, le projet du Conseil d’État prévoit des investissements conséquents pour la mobilité cyclable. Le but de la révision du Plan directeur cantonal, adopté dans une première version en 2017, est de se mettre en conformité avec la Loi fédérale sur les voies cyclables, entrée en vigueur en 2023. Il permettra également de présenter la vision du gouvernement pour la mobilité cyclable dans les années à venir. Des montants estimés à 227,4 millions de francs sont avancés.
Cependant, l’ATE regrette qu’une large partie de ces fonds parte dans deux projets seulement : la Littorale, une voie verte express le long du littoral neuchâtelois, ainsi que la voie entre La Chaux-de-Fonds et Neuchâtel, qui ne verra le jour qu’à la fin de la construction de la ligne ferroviaire directe.
« Nous souhaitons que les investissements soient importants, mais réalisés plus rapidement. »
La phase de consultation étant arrivée à son terme, le Conseil d’État doit prendre connaissance des différents retours. Une version définitive du Plan directeur cantonal de la mobilité douce devrait être élaborée d'ici 2027. /bla










