La Fête médiévale du sel a transformé le village de Buttes samedi. Musique d’époque, combats à l'épée et artisanat ont rythmé la 35e édition de la manifestation. L’occasion de se remémorer les liens clandestins que cette région partage avec l’or blanc : le sel.
Quand Buttes était un haut-lieu de la contrebande. Le village du Val-de-Travers a remonté le temps ce samedi à l’occasion de la Fête médiévale du sel. Échoppes artisanales, combats à l'épée, cortège de déguisements et musiciens folkloriques ont animé cette 35e édition de la manifestation. De quoi plonger le public en pleine période du Moyen Âge, lorsque le village de Buttes était un lieu incontournable pour le commerce. « Nous commémorons la contrebande de sel qui passait par l’ancienne route Vy Saulnier, tout proche de Buttes », explique Valérie Masi, membre du comité d’organisation de la fête. À l’époque médiévale, le sel était une denrée précieuse, car il représentait le principal agent de conservation des aliments. Le roi de France, dont le pays était grand producteur, prélevait une importante taxe sur son or blanc, aussi appelé « gabelle ». En ajoutant ces impôts à un prix déjà élevé en raison de la forte demande, le sel se vendait à prix d’or. Pour éviter cette facture salée, une contrebande s’est rapidement mise en place.
Valérie Masi : « Des routes de contrebandiers ont été créées. »
Malgré le rôle important du village dans cette contrebande, il n’existe pas beaucoup de traces de cette partie de l’histoire de Buttes. « Nous n’avons pas de témoignage dans le village, mis à part la rue Vy Saulnier, qui porte le nom de cette ancienne route du sel », déplore Valérie Masi. Finalement, c’est surtout grâce à cette Fête médiévale du sel que la mémoire de cette époque est encore honorée aujourd’hui.
« Je crois que ça nous tient à cœur, nous les habitants. »
En plus de cette contrebande d’or blanc, on peut aussi citer la production clandestine d’absinthe qui a marqué l’identité du Val-de-Travers des siècles plus tard. Une région qui s'illustre décidément par des valeurs indociles. « Oui, je crois que nous sommes assez filous et contrebandiers dans l’âme, c’est certainement dans nos gênes », s’amuse l’organisatrice.
Le folklore en musique
Au fil de ses 35 éditions, la manifestation a cultivé ses animations médiévales pour le millier de visiteurs annuels. « Au départ, la fête se rapprochait plus d’une braderie », explique Valérie Masi. « Chaque année depuis presque quinze ans, on essaye de faire venir de plus en plus d’artisans pour pouvoir faire de la Vy Saulnier un véritable marché médiéval », ajoute l’organisatrice.
« On a repris depuis une quinzaine d’années. »
Pour renforcer cette ambiance moyenâgeuse, des animations musicales sont mises sur pied chaque année. Samedi après-midi, c’est le groupe bernois « Schellemery » qui s’est produit sur scène. Une plongée immersive dans le folklore médiéval suisse. /crb










