Rivières neuchâteloises : des poissons en eaux troubles

Les cours d’eau du canton ont eu chaud sous cet été caniculaire. Si des milliers de poissons ...
Rivières neuchâteloises : des poissons en eaux troubles

Les cours d’eau du canton ont eu chaud sous cet été caniculaire. Si des milliers de poissons ont été secourus lors de pêches de sauvetage, l’avenir s’annonce difficile.

À cause de la chaleur, des algues (roses pour certaines), se développent dans le Doubs (Photo : Thierry Christen). À cause de la chaleur, des algues (roses pour certaines), se développent dans le Doubs (Photo : Thierry Christen).

Un été caniculaire, qui, sans surprise, atteint aussi les cours d’eau. Selon une estimation de la Fédération Suisse de Pêche (FSP), des millions de poissons, d’écrevisses et autres insectes aquatiques ont péri dans toute la Suisse. Dans le canton de Neuchâtel, le nombre est compliqué à estimer. Cependant, des pêches de sauvetage ont eu lieu dans différents cours d’eau de la région. Elles ont permis de sauver 4'675 poissons. Selon les chiffres fournis par l’Association des pêcheurs de la Gaule, la mortalité se monte à 79 truites entre le 9 et le 12 août dernier. À noter qu’au-dessus de 25 degrés, certaines espèces encourent un danger mortel en rivière.

Ces températures caniculaires ont différents effets sur les rivières, notamment un manque d’oxygène pour certains poissons, comme l’ombre ou la truite, qui en nécessitent beaucoup. Pour Thierry Christen, président de l’association des pêcheurs de la Gaule, « le manque d’eau est immédiat. Il faut être vigilant. Là où les rivières baissent, il faut pouvoir intervenir rapidement dans les endroits nécessaires ».

Dans le canton, toutes les rivières sont touchées, en particulier le Seyon.

Thierry Christen : « Un projet de revitalisation devrait être mis en place l’année prochaine avec de nouveaux arbres. »

Des solutions pour les cours d’eau

Les pêches de sauvetage sont effectives pour des situations d’urgences, mais ne fonctionnent pas à chaque fois. C’est le cas notamment de celle qui a eu lieu le 9 juillet au Vaux du Landeron. Aucune truite n’a pu être secourue, mais 30 ont malheureusement péri.

La FSP de son côté demande une accélération des revitalisations. Elle veut garantir les espaces réservés aux eaux et assainir écologiquement la force hydraulique. Finalement, elle demande de renforcer le plan d’action poissons décidé par le Parlement et le Conseil fédéral. Il doit permettre de protéger les espèces et populations de poissons particulièrement menacées.

Pour Thierry Christen, malheureusement : « Ce ne sont pas les pêcheurs qui ont la clé de ces solutions. » Il ajoute que les différents services « doivent tous travailler ensemble ».

« On a des solutions. On ne pourra pas tout résoudre, mais on peut encore faire beaucoup. »

Pas les premiers étés caniculaires

Lors de la canicule de 2003, la pêche avait été interdite dans les cours d’eau. Cette année, malgré les différents épisodes très chauds, les pêcheurs n’ont pas reçu d’interdictions. Thierry Christen précise toutefois que par ces températures, les passionnés agissent en connaissance de cause, et pas de manière abusive. Laisser la pêche ouverte a aussi ses avantages : « Cela permet de laisser les pêcheurs qui sont très vigilants au bord des rivières, et de voir s’il y a des problèmes ou de la mortalité. », explique le président.

« On est inquiet. Notre passion est en fonction de l’environnement, et ça se dégrade tous les jours. »

Thierry Christen conclut : « Je pense que la nature va s’adapter, les espèces aussi. De notre côté, il y a plein de pistes sur lesquelles on peut s’améliorer. »/ecr 


 

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