Creux-du-Van : un projet de ligne de bus gelé

Si vous projetez une randonnée dans la région du fameux cirque rocheux, vous serez peut-être ...
Creux-du-Van : un projet de ligne de bus gelé

Si vous projetez une randonnée dans la région du fameux cirque rocheux, vous serez peut-être surpris de voir des arrêts de bus sur certaines cartes de randonnée. Ne vous réjouissez pas trop vite, les projets sont actuellement gelés, faute de financement.

Les jours de beau temps, beaucoup de randonneurs fréquentent le Creux-du-Van. (Photo : archives.) Les jours de beau temps, beaucoup de randonneurs fréquentent le Creux-du-Van. (Photo : archives.)

Certains y croient dur comme fer. Pour l’instant, le dossier reste dans les tiroirs faute de moyens financiers. Avec d’autres partenaires, la Conférence régionale des transports (CRT) du Val-de-Travers a travaillé sur un projet de ligne de transports publics dans la région du Creux-du-Van.

C’est que la demande semble être au rendez-vous : durant la belle saison, les trains régionaux sont souvent bondés de randonneurs alémaniques. Les parkings autour du cirque rocheux sont pris d’assaut par les voitures.

Le coprésident de la CRT travaille à trouver une solution depuis une dizaine d’années. Jean-Paul Beuret et certains de ses collègues ont d’abord étudié la possibilité de détourner la ligne de CarPostal Mauborget – Couvet lors de la belle saison. Un projet de bus à l’horaire depuis Couvet a aussi été analysé. Enfin, une offre de bus-taxi à la demande sur réservation a été envisagée. Des horaires ont été esquissés. Des arrêts de bus « Creux-du-Van, Chez les Favre » et « Creux-du-Van, Le Soliat » figurent même dans l’application SuisseMobile consacrée à la mobilité douce.

« Pour nous, le Creux-du-Van est bien sûr une destination phare au niveau touristique de la région et du canton. Il est de plus en plus connu en Suisse. Et au fur et à mesure que ce lieu était connu, on trouvait que c'était dommage qu'un point comme ça ne puisse pas être desservi par une ligne de transports publics. Et ça fait plus de dix ans qu'on essaie de trouver des solutions », relate Jean-Paul Beuret.

Plusieurs écueils

Mais plusieurs écueils ont empêché la mise en œuvre du projet. « Il y a tout d'abord un défi financier. Pour une nouvelle ligne, il faut pouvoir débloquer de l'argent public. Les entreprises de transport à elles seules ne veulent pas prendre le risque parce qu'elles ne savent pas comment elles vont s'en sortir au niveau financier. Donc, il faut une volonté financière des Communes, du Canton, voire de la Confédération ». De surcroît, ce qui est compliqué au Creux-du-Van, c'est que c'est une ligne qui est à cheval sur le canton de Neuchâtel et sur le canton de Vaud : « ça veut dire qu'il faut déjà mettre les deux cantons d'accord », relate le coprésident de la CRT. Second écueil : la concession. « Pour faire une ligne de transports publics, il faut que ça soit concessionné au niveau du Canton, voire de la Confédération ». Et enfin, troisième point majeur : les horaires, « afin de les rendre compatibles avec ce qui existe actuellement ».

Entretien avec Jean-Paul Beuret, coprésident de la CRT Val-de-Travers :

Manque de volonté politique ?

Les différentes variantes étudiées (bus taxi ou bus à l’horaire) étaient devisées entre 8'000 et 250'000 francs par an. Est-ce qu’un manque de volonté politique, communale et cantonale, explique aussi que le projet est au point mort ? Jean-Paul Beuret estime que la volonté politique existe, mais qu’il « en faudrait un peu plus ».

Nous avons interrogé la conseillère d’État en charge des transports. Céline Vara l’assure : la volonté politique est là. Pour preuve : dans ses dossiers, une offre de CarPostal pour un bus à l’horaire les fins de semaine de la belle saison. Coût estimé il y a quatre ans : 60'000 francs par an. Si cette option n’est pas mise en œuvre, c’est parce que ce sont aux Communes – et aux CRT – de proposer de nouvelles lignes, ainsi qu’à les cofinancer (à hauteur de 40%) avec le Canton (60%), rappelle Céline Vara. Si Val-de-Travers souhaite reprendre le dossier, la ministre répondra présente.

Céline Vara : « Le canton a toujours été un interlocuteur dans l’étude de cette ligne potentielle. »

Le hic, ce sont les ressources financières de Val-de-Travers. Conseiller communal en charge de la mobilité, Eric Sivignon souligne « qu’au vu de l’état des finances, il n’y a actuellement pas de fenêtre pour déployer ce genre de projet ». Aussi, au-delà de cet aspect, l’élu s’interroge sur « le ratio coût-utilité de ces mesures : combien de trajets en voiture peut-on éviter ? On sait que les habitudes en termes de mobilité sont difficiles à faire changer. Au final, si on met dans la balance l’énergie et le coût de la mise en œuvre d’un tel projet, le bilan s’annonce très hypothétique ». /aju


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