Il y a une dizaine de jours, un véhicule était épinglé par les douanes aux Fourgs (F) pour transport illégal de fourrage vers la Suisse. Le contrevenant n'avait pas déclaré son chargement. Cela illustre néanmoins les tensions que provoque l’importation de foin.
Y a-t-il un trafic illégal de fourrage de la France vers la Suisse ? Nos confrères de Ici Besançon rapportent que le 17 août, un véhicule était épinglé par les douanes aux Fourgs (F), tout près du Val-de-Travers, pour transport illégal de fourrage vers la Suisse. Le contrevenant n'avait pas déclaré son chargement. Résultat : 3'700 euros d'amende à régler. De quoi crisper les agriculteurs côté français.
Avec la sécheresse, les vaches sont nourries avec les stocks de fourrage d'hiver depuis le début de l'été en Franche-Comté. Et avec une demande très forte en France – comme en Suisse – l'approvisionnement en fourrage est très compliqué en ce moment.
Pour la préfecture du Doubs, parler d'un trafic de fourrage serait exagéré. Les douanes françaises ont relevé plusieurs cas de transports non déclarés, sans toutefois en préciser le nombre.
Les camions transportant du fourrage vers la Suisse attirent plus l'attention en cette période de crise, mais la plupart ne sont pas illégaux : des échanges commerciaux existent entre les deux pays depuis des dizaines d'années.
Un traité permet même aux agriculteurs d'être exemptés de droits de douane si leurs cultures sont situées à moins de 10 kilomètres de la frontière. Et depuis ce mois d'aout, ils ne sont plus les seuls à ne rien payer. Sur décision du Conseil fédéral, avec la sécheresse, plus aucune cargaison de maïs ou de foin vers la Suisse n'est taxée.
La Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles du Doubs dénonce une concurrence déloyale. La FDSEA appelle à un « sursaut de solidarité nationale » pour privilégier l'approvisionnement en fourrage des agriculteurs français et demande aussi plus de contrôle à la frontière pour lutter contre les transports illégaux. La préfecture du Doubs précise que les douanes françaises ont augmenté leurs contrôles. /aju-ICI Besançon-Eléonore Richard.









