La Lanterne magique veut rendre le cinéma plus inclusif. Pour sa 34e saison, l’association renforce l’accompagnement des familles concernées par un handicap visuel, auditif ou moteur.
Un cinéma accessible pour tous. C’est l’objectif que s’est fixé la Lanterne magique pour cette nouvelle saison qui démarre en septembre. L'objectif : proposer un meilleur accompagnement des familles affectées par un handicap. De l’accès à l’information jusqu’à l’accueil en salle, l’association prévoit plusieurs aménagements pour faciliter leur parcours. « On a été confrontés à plusieurs cas dans lesquels des parents appelaient pour s’informer de la situation des salles de projection sur le plan de l’accessibilité », explique Ilan Vallotton. Le directeur exécutif du club de cinéma raconte que c’est ce constat qui les a poussés à travailler à la définition d’un certain nombre d’aménagements. La Lanterne magique veut désormais permettre au public de mieux anticiper sa venue et de profiter des séances dans de meilleures conditions.
Ilan Vallotton : « C’est très compliqué de trouver ces informations sur internet. »
Mieux informer pour mieux accueillir
Plusieurs initiatives ont donc été lancées pour faciliter l’accès aux salles, notamment en renforçant l’offre de films en audiodescription. Parmi les neuf longs métrages proposés chaque saison dans chaque région, au moins un bénéficiera de ce dispositif.
L’association travaille aussi à rendre son site internet plus accessible et à y rassembler les informations sur les conditions d’accueil de chaque salle. « On veut indiquer la situation de chaque cinéma sur la page de chaque club », indique Ilan Vallotton. Les familles pourront notamment savoir si une salle est pensée pour les personnes à mobilité réduite ou si des précautions sont nécessaires pour les personnes aveugles ou malvoyantes.
Un travail rendu possible grâce aux bénévoles qui oeuvrent dans les clubs. Et qui fait aujourd’hui ses preuves puisque les informations sur l’accessibilité sont déjà disponibles pour plus de 60 % des salles sur le site de la Lanterne magique.
« On veut rendre accessible notre site internet. »
Un projet pensé avec des personnes concernées
Pour concrétiser son projet, la Lanterne magique s’est entourée de trois experts en situation de handicap. Céline Witschard a notamment sensibilisé les bénévoles aux besoins des personnes déficientes visuelles. Celle qui est aussi formatrice en la matière constate que la présence d’une personne malvoyante au cinéma peut encore étonner : « Ça surprend souvent énormément les gens en caisse de voir arriver une personne avec une canne blanche ». Pour elle, cette démarche doit aussi permettre de changer les regards sur le handicap : « Ça m’importe de me dire qu’on peut rendre le troisième art accessible à des enfants qui ont des difficultés handicapantes ».
Céline Witschard : « Je continue d’aller énormément au cinéma. »
Faire évoluer les regards
Pour l’experte, l’enjeu dépasse largement le cadre du cinéma. « Le handicap est très peu visibilisé dans la société civile », remarque la trentenaire. Elle estime donc que rendre des activités comme celles de la Lanterne magique plus accessibles permet aussi aux enfants concernés de partager des moments avec leurs camarades. Une manière, selon elle, de sensibiliser les plus jeunes à la diversité. « Ça permettra, par ricochet, de faire comprendre aux autres enfants qu’on est toutes et tous différents et que les enfants en situation de handicap sont des enfants comme les autres ». Une démarche qui, selon elle, profite plus largement à la société : « Ça bénéficie à l’inclusion dans son ensemble ».
« Ce sont les adultes de demain. »
Entre un et deux pourcents de la population
Selon les derniers chiffres de l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles, environ quatre pourcents de la population suisse est concernée par une déficience visuelle. Les jeunes représentent entre un et deux pourcents des personnes touchées. / jta









