Depuis le 20 juin, Art Môtiers 2026 fait vivre le village. En marge des nombreuses animations organisées par le comité, bistrotiers, commerçants, musées et ateliers d’artistes créent une émulation.
C’est l’effervescence à Môtiers. Depuis le 20 juin, le village entier vit au rythme de la 9e édition de l’exposition d’art en plein air qui se tient encore jusqu’au 20 septembre. En marge des nombreuses animations organisées par le comité d’Art Môtiers, bistrotiers, commerçants, musées ou encore ateliers d’artistes, sans parler des habitants, y participent activement de près ou de loin et en bénéficient. « C’est une chance formidable pour un village comme Môtiers d’avoir cet événement et c’est important pour un commerce comme le nôtre d’y participer », sourit Catherine Kuhl, patronne du bar à café La Tanière. Approchée, comme d’autres commerces et acteurs touristiques de la place, par le comité d’organisation, elle a invité ses amies Môtisanes à préparer des pâtisseries à proposer aux clients du jeudi après-midi durant toute la durée de l’événement. Quant à la terrasse du bistrot, élargie sur la rue durant les week-ends, elle ne désemplit pas.
Catherine Kuhl : « C’est une chance formidable pour un village comme Môtiers. »
Jonas Vouga, patron du Bed&Breakfast et Café-Restaurant A Côté fait le même constat après avoir drastiquement étendu ses horaires d’ouverture pour coller à ceux de l’exposition : « nos chambres sont presque toutes occupées du lundi au dimanche ! Comme nous sommes situés à peine hors du parcours, les deux-trois premières semaines ont été calmes au niveau du restaurant, mais depuis que nous avons mis un panneau vers la gare, nous sommes souvent complets. » Enfant de Môtiers – il a vécu en poussette la première édition de l’exposition en 1987 – il était évident pour lui de participer activement à l’événement. « Que ce soit La Tanière, chez Racine, chez Françoise, Les Six-Communes, tout le monde nous avait prévenu que ce serait une belle année, mais on ne s’attendait pas à ce que ce soit à ce point. »
Jonas Vouga : « C’est de loin notre meilleur été. »
Curiosité pour les musées môtisans
« Chaque édition de l’exposition d’art en plein air nous amène également beaucoup de visiteurs supplémentaires, intéressés par la culture, qui découvrent à cette occasion les différents musées de Môtiers. C'est une chance pour notre musée, car le public venu par curiosité aime souvent revenir », souligne Leonora Foletti, conservatrice du Musée d'art aborigène australien - La Grange, qui a conclu un partenariat avec Art Môtiers pour proposer la gratuité de l’entrée aux détenteurs d’un billet de l’exposition d’art en plein air lors de certains jours, dont le 17 septembre prochain. Ce jour-là, l'entrée au Musée de l'automobile - Le Manège est aussi gratuite pour eux.
Du côté de la Maison de l’absinthe (MABS), qui propose des AfterWalk les vendredis et samedis avec une extension de l’horaire d’ouverture du musée ainsi que l’entrée à prix réduit pour les visiteurs d’Art Môtiers, il a été nécessaire de doubler les effectifs à l’accueil afin de répondre à l’affluence. « L’impact de l’événement sur la fréquentation du bar et de la terrasse est immense, cela change complètement la dynamique, mais l’intérêt des visiteurs se situe davantage au niveau culinaire qu’au niveau muséal », remarque le directeur de la MABS, Raphaël Gasser. Tandis que le bar et la terrasse bruissent de voix du public indiquant une volonté de revenir ultérieurement pour visiter les expositions liées à l’absinthe, les déclinaisons de la boisson en pâtisseries et spécialités plaisent tout particulièrement aux visiteurs d’un jour. « Il s’agit d’une expérience extrêmement riche pour nous et qui nous permet d’expérimenter plusieurs éléments en temps réel. »
Emulation artistique
Les petites structures mises en place de manière spontanée ont aussi leur place dans l’effervescence môtisane. Après s’être approché du comité d’organisation d’Art Môtiers, un groupe de créatrices propose tous les week-ends « Un moment à part » avec des ateliers de céramique, d’art floral, de gravure et cyanotype ainsi que de mandala, aquarelle et collage, à l’initiative de la céramiste Laure Jeannin-Gostelli : « on est dans un endroit magique, tout le monde participe, on sent une émulation formidable ». Un constat qui la remplit de fierté : « je suis très fière de montrer qu’un petit village neuchâtelois comme le nôtre peut avoir une brillance au-delà de ses frontières. »
Laure Jeannin-Gostelli : « Je n’ai jamais vu le village autant en effervescence depuis que j’y vis. »
« Tout le monde peut y gagner »
Président du comité d’organisation d’Art Môtiers 2026, Emil Margot précise que son équipe a mis un point d’honneur « à essayer de mettre tout en œuvre pour que le village se sente inclus dans cette manifestation. Nous avons pris contact avec beaucoup d’acteurs touristiques et culturels pour créer du lien et voir le village s’impliquer et s’animer. Tout le monde a joué le jeu et nous en sommes très heureux, car tout le monde peut y gagner. »
Emil Margot : « Le jour où Môtiers ne nous suit plus, ça ne servira plus à rien d’organiser l’événement. »
Côté fréquentation de l’exposition en tant que telle, après un mois de juin plutôt calme, le président d’Art Môtiers avoue avoir eu « un coup de stress », mais les chiffres des éditions précédentes l’ont « rassuré : en 2021, c’était aussi calme à la même période ». Les semaines suivantes lui ont donné raison. Emil Margot évoque le chiffre de plus de 20'000 visiteurs jusqu’ici. « Les calculs ne sont pas encore consolidés, mais nous sommes plutôt contents à ce stade. » Avant le finissage du 20 septembre, actuellement en plein préparatifs, le calendrier de l’exposition promet encore de beaux événements. /aes









