Après 39 ans d’activité, la famille Huguenin ferme la boucherie Au Gourmet

Une page se tourne à Fleurier : la boucherie Au Gourmet fermera ses portes le 29 août. C'est ...
Après 39 ans d’activité, la famille Huguenin ferme la boucherie Au Gourmet

Une page se tourne à Fleurier : la boucherie Au Gourmet fermera ses portes le 29 août. C'est l'heure de la retraite pour Louis-Zélim Huguenin et son épouse Wilma. Leurs enfants s’apprêtent à se tourner vers d’autres horizons professionnels. Il est prévu que la Boucherie Alves rachète les locaux.

Louis-Zélim et Wilma Huguenin, entourés ici de leurs enfants Deborah et Kenny, tiennent la boucherie au Gourmet depuis 1987. Louis-Zélim et Wilma Huguenin, entourés ici de leurs enfants Deborah et Kenny, tiennent la boucherie au Gourmet depuis 1987.

Il ne restera bientôt plus que deux boucheries à Fleurier. Tenu depuis 39 ans par la famille Huguenin, l'établissement Au Gourmet fermera ses portes le 29 août. Il est prévu que la Boucherie Alves rachète les locaux et y emménage après en avoir rénové l’espace magasin. Jusqu’à la fin des travaux, la Boucherie Alves restera ouverte à l’avenue de la Gare où elle est installée depuis 20 ans.

En 1987, au moment du rachat de la boucherie Au Gourmet par le couple Huguenin, Fleurier comptait sept boucheries. Louis-Zélim Huguenin se souvient également d’une dizaine d’autres au Val-de-Travers à ce moment-là. A cette époque, il n’avait pas du tout prévu de se mettre à son compte : « J’étais employé à la Boucherie Bohren à Couvet et j’avais l'intention de faire une maîtrise fédérale, mais mon patron est venu me voir en me disant que si je ne reprenais pas la boucherie de Fleurier, il me licencierait ! »

Louis-Zélim Huguenin : « On s’est lancé en famille. »

Après avoir trouvé le financement nécessaire, Louis-Zélim Huguenin et son épouse, Wilma, sommelière de métier, et alors enceinte de leur deuxième enfant, reprennent donc le commerce.

Quand on lui demande l’aspect de son métier qui l’a le plus marqué, Louis-Zélim Huguenin mentionne l’abattage hebdomadaire, le lundi, jusqu’à la fermeture de l’abattoir de Môtiers en 2014. « Tous les lundis, on était tous ensemble pour abattre le bétail avec les collègues et ça créait beaucoup de liens entre nous. »

« L’abattage, tous les lundis, ça créait beaucoup de lien entre bouchers. »

Un commerce tenu en famille

Le fils Huguenin, Kenny, s’intéressera plus tard au métier et rejoindra ses parents derrière le comptoir après un apprentissage de boucher-charcutier dans un autre commerce vallonnier. « Je l’ai incité à voler de ses propres ailes ailleurs, peut-être en Suisse alémanique », glisse Louis-Zélim Huguenin. « Mais sa vie était ici, rythmée par le hockey et sa place en junior élite avec le club de Fleurier », réagit sa fille Deborah. De quatre ans l’aînée de Kenny, elle s’était, quant à elle, tournée vers une formation d’employée de commerce. « J’avais toujours dit que jamais je ne travaillerais à la boucherie », sourit-elle. Les aléas des opportunités professionnelles – son taux d’engagement dans un autre commerce était de 50% et elle donnait en parallèle un coup de main à ses parents à la boucherie qui « en avaient besoin » – puis, plus tard les soucis de santé de son jeune frère d’abord et de leur maman ensuite l’y conduisent toutefois.

Deborah Huguenin : « On a crée un lien, on s’attache à nos clients. »

Près de 15 ans plus tard, Deborah admet volontiers qu’elle a « adoré » travailler en famille et c’est avec une pointe de nostalgie qu’elle s’apprête à tourner la page. Après avoir tenté en vain de trouver du personnel pour remplacer leurs parents, Deborah et Kenny Huguenin ont renoncé à reprendre le commerce. Ils prévoient de rester dans le domaine de la vente, mais quitteront celui de la boucherie.

Quant à la boucherie Bohren mentionnée par Louis-Zélim Huguenin, elle a par ailleurs été reprise plus tard par le fils du patron, Rémy, qui l’a, à son tour, remise au début ce cette année. /aes


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