À la recherche de la bondelle dans le lac de Neuchâtel

Le poisson emblématique de la région est à l'honneur lors de « Bondelle en fête », dès ce jeudi ...
À la recherche de la bondelle dans le lac de Neuchâtel

Le poisson emblématique de la région est à l'honneur lors de « Bondelle en fête », dès ce jeudi et jusqu'à samedi, à Saint-Aubin. Néanmoins, il se fait de plus en plus rare. La rédaction RTN est partie à sa recherche au lever du soleil.

La pêche étant maigre ce jeudi matin, le soleil levant a donné du baume au cœur à Jean-Philippe Arm et sa sœur Marie-Claude. La pêche étant maigre ce jeudi matin, le soleil levant a donné du baume au cœur à Jean-Philippe Arm et sa sœur Marie-Claude.

C'est un poisson que l'on peine à retrouver dans les filets des pêcheurs neuchâtelois. La bondelle est pourtant à la fête dès jeudi soir et jusqu'à samedi sur les rives de Saint-Aubin. Au programme de l'événement « Bondelle en fête » : tir à la carabine, tombola, concerts, mais surtout dégustation du poisson emblématique de la région, traditionnellement fumé pour l'occasion.

Malgré la rareté de la bondelle, l'événement, devenu un incontournable du village de Saint-Aubin, en est à sa 11e édition. « Perpétuer cette tradition, c'est important », souligne Jean-Philippe Arm, pêcheur professionnel et organisateur de l'événement. Le problème : l'invitée principale pourrait manquer à la fête ces prochaines années. « Durant l'été, la pêche est mauvaise. Elles n'ont pas la taille pour le fumage », selon le Neuchâtelois. Pour cette année, les bondelles utilisées sont issues de la pêche de l'année passée. « C'est cela qui détermine si la fête de la bondelle aura lieu ou non. Si la pêche est trop mauvaise, ce ne sera peut-être pas de la bondelle dans l'assiette la prochaine fois », lâche le pêcheur professionnel. Il faut dire que, cet été, la canicule n'améliore pas les choses. « La bondelle n'aime pas une eau au-dessus de 19 degrés. Comme c'est un poisson qui remonte pour se nourrir en surface, c'est pour cela qu'on n'en trouve pas », explique Jean-Philippe Arm, en précisant que le réchauffement climatique et la prolifération des cormorans ont aussi une influence.

Jean-Philippe Arm : « La canicule ne nous aide pas du tout. »

« On met des bondelles de côté exclusivement pour la fête. »

Une matinée à la recherche de la bondelle

Ce jeudi matin, à bord du bateau de la famille Arm, ce sont pourtant deux truites d'environ 5 kg qui ont été les premières à égayer la matinée. Si la pêche a été maigre, le soleil levant et la perspective de la fête ont suffi à redonner le sourire à Jean-Philippe Arm et à sa sœur, Marie-Laure.

Le premier poisson du jour : une truite de 5kg ! Le premier poisson du jour : une truite de 5kg !

Notre reportage

Une passion qui se perd 

« La fibre je ne l’ai plus vraiment », confie Jean Philipe Arm. Il faut dire que la comparaison avec le passé est difficile. Une trentaine de minutes après avoir embarqué aux aurores sur le bateau du pêcheur neuchâtelois, seul quelques poissons ont été pris dans les mailles des filets. « À une époque, on aurait déjà eu une ou deux caisses de remplie » regrette-il. De plus, la relève n’est pas assurée pour un métier devenu de moins en moins lucratif au fil des années. « J’espère que la pêche professionnelle pourra continuer en Suisse, le métier devient vieillissant et beaucoup de pêcheurs décède sans trouver repreneur », constate le président de l’association Suisse romande des pêcheurs professionnels. Pour l'heure, Jean-Phillipe Arm trouve satisfaction à organiser et accueillir chez lui la fête de la bondelle. « Ça nous tient à flot », conclut le pêcheur.

« On a le moral dans les chausettes. »

« Bondelle en fête », c'est donc dès ce jeudi soir et jusqu'à samedi à la pêcherie de la famille Arm, sur les rives du lac de Neuchâtel, à Saint-Aubin. /ave


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