Des caves bernoises et vaudoises qui proposent des vins labellisés AOC Neuchâtel, ça existe, mais c’est rare. Il y a moins d’une dizaine de cas, explique Rémy Alain Reymond, le chef de l’Office de la viticulture et de l’agroécologie du canton de Neuchâtel.
L’arrêté concernant l’appellation d’origine contrôlée des vins de Neuchâtel est très clair. Pour bénéficier de la labellisation, il faut que le raisin, issu des douze cépages autorisés, soit élevé et vinifié dans le canton. Mais des exceptions existent. Elles sont historiques. Ainsi, « un encavage […] au bénéfice d’une autorisation de vinifier hors des frontières cantonales peut utiliser l’AOC Neuchâtel pour les vendanges provenant des parcelles cultivées en propre sur le territoire du canton de Neuchâtel. »
Rémy Alain Reymond : « La particularité vient surtout du canton de Neuchâtel. C’est le principe de territorialité. »
Le maintien de cette autorisation est lié à certaines règles. L’encavage qui arrête de vinifier en AOC Neuchâtel pendant quatre années consécutives ou qui refuse que son vin soit contrôlé par la commission de dégustation perd son droit.
Les exceptions historiques ne sont pas légion, moins d’une dizaine. Elles concernent surtout des encaveurs du canton de Berne.
« La configuration du vignoble bernois est très exiguë, coincée entre lac et falaises. »
Une autre façon pour une cave établie hors du canton de proposer des vins AOC Neuchâtel, c’est d’acheter des lots de vin estampillés AOC et de les mettre en bouteille avec l’appellation.
Toutes ces mesures en lien avec l’appellation d’origine contrôlée visent à garantir la qualité du produit. « Il y a un côté identitaire qui est fondamental. On ne boit pas seulement une bouteille de vin, on boit une culture, une tradition, un savoir-faire, une région entière. Cela mérite qu’il y ait un ensemble de lois et de règlements qui puisse protéger et mettre en valeur ce savoir-faire qui se transmet de génération en génération », conclut Rémy Alain Reymond. /cwi









