Face au manque de précipitations, Viteos a considérablement augmenté les pompages dans le lac de Neuchâtel pour approvisionner son réseau. Une possibilité imaginée il y a plus de 30 ans et qui est aujourd’hui vitale, notamment pour les grandes villes du canton.
Ouvrir un robinet et se servir un verre d’eau fraîche. Voici un geste quotidien alors que la région entame sa 4e période de canicule de l’année. Et pourtant, cela ne coule pas de source, ou plutôt moins de sources ! Alors que certaines communes du canton ont d’ores et déjà annoncé certaines restrictions, cette situation ne fait pas trembler Viteos. Le fournisseur d’énergies neuchâtelois peut compter sur la polyvalence d’un réseau connecté avec les deux « châteaux d’eau » du canton : les gorges de l’Areuse, et ses sources situées entre Noiraigue et Champ-du-Moulin et, bien sûr le lac de Neuchâtel.
Notre dossier dans le journal de 12h15:
Le SIVAMO comme colonne vertébrale
Si les responsables de Viteos peuvent aujourd’hui gérer la situation sans (trop) de gouttes de sueur sur le front, c’est que ce scénario avait été anticipé il y a plusieurs décennies. C’est en effet André Brandt, conseiller d’Etat neuchâtelois, qui avait poussé le développement d’une conduite d’eau sous le tunnel de la Vue-des-Alpes pour apporter l’eau du lac au Val-de-Ruz et dans les villes des Montagnes neuchâteloises. C’est ainsi que le SIVAMO (Syndicat intercommunal pour l’alimentation en eau du Val-de-Ruz et des Montagnes neuchâteloises) fut inauguré en 1995, une année après le tube routier.
Et actuellement, les pompages tournent à plein régime, ce qui permet d’éviter des restrictions d’eau trop rapides. « Le SIVAMO permet de venir compléter les ressources locales dans les Montagnes neuchâteloises. », explique Christian Rochat, responsable du secteur approvisionnement en eau chez Viteos. « Pour La Chaux-de-Fonds, quand les sources des gorges de l’Areuse depuis l’usine des Moyats sont à l’étiage comme actuellement, les compléments viennent du lac. » Et la même logique est appliquée pour la ville de Neuchâtel.
Chiffres à l’appui, hors sécheresse, la ville de Neuchâtel n’a besoin que de 20% d’eau du lac alors que La Chaux-de-Fonds en demande 15%. Cette proportion grimpe aujourd’hui en période de sécheresse à 45% pour la capitale cantonale et 40% pour la Métropole horlogère, selon les chiffres de Viteos.
L’usine de Champ-Bougin pour « voir venir »
Propriété de la Ville de Neuchâtel et exploitée par Viteos, la station de pompage de Champ-Bougin se charge du traitement de l’eau lacustre « envoyée » dans le SIVAMO. Et sa capacité de pompage journalière est de 40 millions de litres d’eau, « soit l’équivalent de 16 piscines olympiques », image Christian Rochat. Pour illustrer ce chiffre, les villes de La Chaux-de-Fonds et de Neuchâtel consomment à elles seules environ 22 millions de litres par jour, ce qui laisse encore une marge dans le cas où une situation extrême de sécheresse priverait la région de toutes les autres sources d’eau. /lre










