Sur près de 17 spectacles concoctés par la société Sugyp dans le canton de Neuchâtel, seuls deux auront l’autorisation d’être tirés lors de la fête nationale samedi. Une perte financière reportée à l’année prochaine pour l’entreprise qui souffre de plus en plus de ces épisodes de sécheresse.
« C’est un gros manque à gagner pour les artificiers ». C’est le constat de Nicolas Guinand, co-directeur de Sugyp SA, face aux annulations en chaîne des feux d’artifice du 1er août dans le canton de Neuchâtel. En effet, en raison de la sécheresse et du risque accru d’incendie de forêt, l’utilisation d’engins pyrotechniques a été interdite jusqu’à nouvel ordre par le Conseil d’État vendredi dernier. Seuls les feux d’artifice officiels communaux sont autorisés, à condition qu’ils soient tirés depuis le lac et sous la surveillance des sapeurs-pompiers. La société Sugyp a été mandatée pour environ 17 spectacles du 1er août cette année dans le canton. « Malheureusement, seules deux prestations ont pu être maintenues et un autre cas est encore en cours de discussion », précise Nicolas Guinand. En cas d’annulation, le spectacle est reporté à l’année prochaine par l’entreprise. Les communes ou cantons ne bénéficient pas d’assurance, car « cette dernière couterait plus cher que le spectacle », signale le co-directeur.
Nicolas Guinand : « L’année prochaine on leur facturera les frais en plus. »
Les feux d’artifice peuvent être stockés plusieurs années au besoin, ajoute le co-directeur. L'enjeu pour l’entreprise est davantage les espaces à disposition que la date de péremption de ses engins pyrotechniques.
« Il y a un réel enjeu d’espace. »
La perte induite par ces annulations se reportera donc sur le prochain exercice de l’entreprise basée à Corcelles-près-Payerne. « On sait qu’après une année comme celle-ci, on va devoir faire des économies », explique Nicolas Guinand, rompu à cet exercice. Alors que les épisodes de sécheresse semblent de plus en plus fréquents en Suisse, la situation ne va pas s’arranger selon le co-directeur.
« C’est inquiétant. »
Finalement, le travail de la société spécialisée dans les spectacles pyrotechniques va certainement se concentrer davantage sur les mesures de sécurité ces prochaines années. « Beaucoup de choses peuvent être mises en place, en collaboration avec les pompiers et les autorités, pour garantir la sécurité des feux d’artifice même lors de la sécheresse », détaille Nicolas Guinand. « Il y a tout un travail qui peut être fait avec les communes et les cantons pour éviter les interdictions générales et favoriser le cas par cas », termine le co-directeur. /crb









