Les prairies sèchent à vue d’œil dans le canton de Neuchâtel. Le service de l’agriculture anticipe et autorise la pâture dès à présent. Des mesures exceptionnelles sont mises en place pour éviter une pénurie de fourrage.
Il devient de plus en plus difficile de voir des prairies vertes dans le canton. La sécheresse sévit et pour éviter de manquer de fourrage pour le bétail, l’État de Neuchâtel instaure depuis jeudi différentes mesures exceptionnelles, comme le fait de pâturer plus tôt, ou d’anticiper la désalpe au besoin. Des dérogations légales qui viennent soulager les éleveurs. « Ce sont des mesures en partie d’anticipation », relève Johannes Rösti. « Les éleveurs commencent à manquer de fourrage », poursuit le chef du service de l’agriculture. Ces dérogations concernent donc uniquement les prairies, mais pas les cultures. « Bien sûr, elles souffrent également. Mais au niveau culture, ça suit son cours, on va dire », explique-t-il.
Johannes Rösti : « On ne peut pas arroser toute l’herbe. »
Concrètement, la pâture peut se faire dès à présent, pour permettre de nourrir le bétail en limitant l’achat de fourrage. Si cela ne suffit pas, les restrictions en matière de paiement direct et de subsides sont également assouplies, afin que les éleveurs puissent aller acheter du fourrage là où il y en a. De plus, les exploitations d’estivage peuvent être approvisionnées en fourrages grossiers dès maintenant, pour éviter une désalpe anticipée… même si cette dernière est exceptionnellement autorisée.
Faucher dès le 9 juillet, c’est particulièrement tôt. Mais Johannes Rösti se veut rassurant pour la biodiversité : « le cycle végétatif est aussi en avance, ce n’est pas que les cultures et l’herbe qui sont en avance ». Cependant, des restrictions persistent : les 10% de prairies qui doivent rester non fauchés, une surface sur laquelle le bétail ne peut pas être envoyé.
« Il y a un nombre de mesures qui soutiennent la biodiversité. »
Si les mesures sont en partie en anticipation, pour certaines zones, il y avait une certaine urgence à agir, puisque l’herbe de fourrage commence déjà à être trop sèche. « Normalement l’herbe pousserait maintenant et on pourrait peut-être même faire des deuxièmes foins », précise Johannes Rösti.
« Aujourd’hui, même avec toutes les mesures qu’on donne, certains doivent acheter du fourrage. »
Le chef du service cantonal de l’agriculture reconnaît qu’il y a un risque de manque de fourrage, notamment pour cet hiver. Mais Johannes Rösti relativise : « c’est déjà arrivé dans d’autres cas de figure, quand on avait du mauvais fourrage dans des années où il faisait trop humide ». « Il faut dire que ça vient de plus en plus fréquent, mais je dirais que cette année, les mesures vont assez vite, on n’est pas dans la précipitation », conclut-il. /lgn
Les mesures applicables de suite pour les agriculteurs









