Les ambulanciers ne sont plus exemptés d’office de l’obligation de servir. Une révision de l’ordonnance sur les obligations militaires est entrée en vigueur le 1er juin. Dix-huit pourcents de l’effectif neuchâtelois sont touchés.
Les ambulanciers ne sont plus automatiquement exemptés de l’obligation de servir. Le Conseil fédéral a modifié sans consultation deux articles de l’ordonnance sur les obligations militaires, entrés en vigueur le 1er juin. Le personnel infirmier, les médecins, les dentistes et les pharmaciens ont également disparu de la liste des « personnes exerçant des activités indispensables » exemptées du service militaire.
Dans le canton, le Service d’incendie et de Secours des Montagnes neuchâteloises a été informé de cette révision « par le biais d’un courriel du Département de la défense », précise Jean-Daniel Zimmerli, adjoint au commandant et président de la Commission des urgences préhospitalières du canton. Le message mentionnait un délai de sept jours pour effectuer des demandes d’exemptions particulières. « D’après nos calculs, quatorze ambulanciers sont concernés sur les trois Services du canton : sept au sein des Ambulances des Vallées neuchâteloises, quatre au SIS des Montagnes et trois à la Brigade sanitaire de Neuchâtel, ce qui représente l’équivalent d’un EPT au total sur l’ensemble du canton », détaille Jean-Daniel Zimmerli, qui n’a pas encore reçu de réponse concernant sa demande d’exemption pour ses ambulanciers concernés.
Jean-Daniel Zimmerli: « Cela va augmenter la charge de travail de nos collaborateurs. »
Motion déposée au Conseil national
Le 18 juin dernier, le conseiller national Yvan Pahud a déposé une motion demandant au Gouvernement « de rétablir la teneur de la disposition » initiale. Dans une réponse écrite aux deux questions qu’il avait auparavant déposées au début du mois, le Conseil fédéral indiquait vouloir éviter que l’armée soit « privée de précieuses ressources en personnel disposant de compétences importantes dans le domaine de la santé ». Or, « le seul ambulancier du canton qui a déjà reçu un ordre de marche est convoqué en qualité de mécanicien sur auto, son ancien métier », s’étonne Jean-Daniel Zimmerli.
Frédéric Mairy: « Dans un domaine aussi sensible, c'est regrettable qu'une consultation n'ait pas eu lieu. »
Procédé peu apprécié par le Canton
Joint par téléphone, le conseiller d’Etat chargé de la Santé, Frédéric Mairy, indique que le Canton de Neuchâtel « n’a reçu aucune information au sujet de cette révision : on l’a apprise au travers du projet de motion déposé aux Chambres fédérales. Pour une modification d'une telle importance, ce n’est pas un procédé très apprécié du côté des cantons. »
Le conseiller d’Etat rappelle que le Canton « n’a pas formellement à se prononcer sur un objet fédéral », mais il indique « partager l’intention exprimée par Yvan Pahud ». Des démarches seront entreprises pour mesurer les effets de ce changement. « A ce stade, il est encore trop tôt pour savoir si des démarches seront initiées par la Conférence des directrices et directeurs cantonaux de la santé (CDS) », précise Frédéric Mairy. /aes









