L’ONG, qui a son siège à Neuchâtel, va présenter jeudi des comptes déficitaires lors de son assemblée générale. L’organisation puise pour l’instant dans ses réserves pour mener à bien ses missions, mais elle va devoir trouver d’autres solutions.
Des comptes 2025 dans le rouge pour Médecins du monde suisse. L’organisation humanitaire, dont le siège est à Neuchâtel, va les présenter jeudi lors de son assemblée générale. Le secteur d’activité de l’ONG est soumis à des pressions politiques et institutionnelles sans commune mesure, que ce soit dans le canton de Neuchâtel, mais aussi en Suisse et à l'international. Dans le canton, elle mène deux actions, l’une à La Chaux-de-Fonds, avec son Centre de santé et l’autre à Neuchâtel avec son programme Thays, qui oriente et accompagne les personnes exerçant le travail du sexe, comme l’a expliqué dans La Matinale, Antoine Lissorgues, directeur adjoint de Médecins du monde suisse.
Comme de nombreuses organisations humanitaires, Médecins du monde suisse fait face à une baisse des aides. « Les aides diminuent de partout, surtout au niveau de la coopération internationale. Il y a une chute drastique depuis début 2025 avec un mouvement qui a été déclenché par le président (ndrl : des États-Unis) Donald Trump. » Antoine Lissorgues fait état de la fin de l’USAID, qui était l’agence de coopération internationale des États-Unis et qui représentait près de 40% de l’aide internationale. Et, explique le directeur adjoint de Médecins du monde suisse, d’autres pays ont suivi, « dont la Suisse qui réduit aussi son aide à la coopération à travers son agence, la DDC ». Une baisse des aides qui contraint parfois l’ONG basée à Neuchâtel à réduire certaines activités pour « maintenir une présence sur le terrain, une présence qui est souvent vitale pour des patients et des patientes. »
Diversifier les ressources
Pour poursuivre ses missions, Médecins du monde puise dans ses réserves, mais elle ne pourra le faire indéfiniment et va devoir se réinventer, comme l’explique Antoine Lissorgues. Pour lui, il est indispensable que l’ONG continue à résister, à lutter pour ce qu’elle défend. « Nous sommes une organisation militante, nous défendons des valeurs, comme l’accès à la santé et nous avons ce devoir de témoigner quand nous voyons des injustices. » Et pour y parvenir, Médecins du monde va devoir diversifier ses sources de financements, s’appuyer encore davantage sur son réseau international de 17 associations qui va de l’Argentine en passant par la Turquie, la France et l’Espagne. « Et il va falloir peut-être mutualiser davantage de postes, de ressources dans des pays comme la Palestine où nous travaillons aujourd’hui avec plusieurs organisations. » /sma









