Canicule : un fonds exceptionnel pour les ouvriers

Face aux fortes chaleurs, Unia Neuchâtel et la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs ont ...
Canicule : un fonds exceptionnel pour les ouvriers

Face aux fortes chaleurs, Unia Neuchâtel et la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs ont exceptionnellement ouvert leur fonds de secours lundi. Normalement dédié aux intempéries hivernales, il vise à compenser les heures perdues en cas d’arrêt de chantier.

Les ouvriers sont très exposés aux fortes chaleurs. Le fonds compensera les éventuels arrêts d'activité. (Photo : archives) Les ouvriers sont très exposés aux fortes chaleurs. Le fonds compensera les éventuels arrêts d'activité. (Photo : archives)

Une mesure exceptionnelle pour les ouvriers. Alors que le mercure s’envole, les travailleurs en extérieur sont les premiers à subir les conséquences de la canicule. Parmi eux, les ouvriers de chantier. Ils réalisent des tâches physiques en s’exposant directement aux risques de la chaleur : déshydratation, insolations ou encore coups de chaud. À cela s’ajoute une pression imposée par le maintien des délais de réalisation, selon le syndicat Unia.

C’est pourquoi la Fédération neuchâteloise des entrepreneurs (FNE) et Unia Neuchâtel ont exceptionnellement décidé d’ouvrir leur fonds conjoncturel, normalement prévu pour les intempéries en hiver. Issu d’une convention entre les représentants patronaux et syndicaux, son financement est paritaire : une moitié est issue d’une « contribution du patronat sur la masse salariale » et l’autre d’une « contribution des travailleurs sur leurs salaires chaque mois » depuis 2001, explique Jean-Claude Baudoin, secrétaire général de la FNE. Le fonds a déjà fait ses preuves, mais c’est la première fois qu’il est ouvert en dehors des mois d’hiver.

Jean-Claude Baudoin : « Je ne connais aucun des 25 autres cantons qui dispose d’un fonds comme le nôtre. » 

Sans communiquer le montant contenu dans le fonds, Jean-Claude Baudoin affirme qu’il est « bien garni ». Tous les chantiers ne sont en revanche pas concernés par la mesure. Il s'agit en particulier des sites extérieurs fortement exposés au soleil et où la poursuite d’une activité n’est plus possible. La décision revient aux maîtres d’ouvrage et est prise au cas par cas.

Le fonds s’ajoute à d’autres mesures existantes. Des aménagements, tels que des débuts de journée plus tôt, sont notamment possibles. Jean-Claude Baudoin rappelle que les entreprises ont raison de faire évoluer leurs horaires, mais cela ne permet pas toujours de « contrer toutes les chaleurs ». Le fonds est ainsi complémentaire.

« Ça répond aux demandes que nous avons. » 

En outre, ce fonds dispose de plusieurs avantages par rapport aux assurances indemnités. Selon Laura Galhano, responsable du secteur bâtiment pour Unia Neuchâtel, les entreprises « résistent à faire appel, parce qu’il y a deux jours de carence à la charge de l’employeur ». Le fonds permet de comptabiliser les interruptions en heures, contre des demi-journées avec les assurances classiques. Une mesure qui correspond plus fidèlement à la réalité du terrain.

Laura Galhano: « C’est un fonds qui est plus flexible. » 

La semaine passée, le syndicat des travailleurs Unia appelait à l’arrêt des travaux pénibles à partir de 33 degrés. Un chiffre dépassé à plusieurs reprises ces derniers jours dans la région. Laura Galhano rappelle que les entreprises doivent « fournir et mettre à disposition de l’eau potable, l’accès à des zones ombragées et des moyens de protection » en cas de canicule. Les pauses sont aussi primordiales. En parallèle, des tours de chantiers sont réalisés par le syndicat pour rappeler les droits des travailleurs.

 « On aimerait qu’il y ait plus de prise en compte de la santé des travailleurs. » 

Le fonds restera, pour l’instant, ouvert jusqu’au 26 juin compris. Unia Neuchâtel espère que cette mesure exceptionnelle relance des discussions globales face à un phénomène qui ne fait qu’empirer d’années en années. /ewa


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