Le bilan quadriennal du service de l’économie du Canton de Neuchâtel, le NECO, a été présenté ce lundi. Entre 2022 et 2025, 102 entreprises ont été soutenues à hauteur de 14 millions de francs, générant 115 millions d’investissements privés. Toutefois, de gros défis subsistent.
L’économie de l’Arc jurassien est loin d’être réglée comme du papier à musique. Dans un contexte particulièrement exigeant, entre la sortie de la crise sanitaire, les tensions géopolitiques mondiales, le franc fort, la hausse des coûts de l’énergie et la saga des taxes douanières américaines, le Canton de Neuchâtel a dû tenter de tirer son épingle du jeu. Et il l’a fait avec succès : pour chaque franc public investi, 8,2 francs privés ont été injectés dans l’économie régionale. Un chiffre relativement similaire au dernier bilan, puisque l’effet de levier était de 8,4 pour la période 2018-2021.
« Le Canton de Neuchâtel peut miser sur un tissu industriel fait de nombreuses compétences, déployées, pour certaines, depuis de centaines d’années », souligne Florence Nater, conseillère d’Etat en charge de l’économie et de la cohésion sociale. Selon elle, c’est justement pour les défendre et les maintenir dans le canton que le rôle de l’État est primordial.
Florence Nater : « Le rôle de l’Etat est de pouvoir avoir une politique d’appui. »
Au total, les entreprises soutenues se sont engagées à créer 673 nouveaux postes d’ici cinq ans. Le soutien aux entreprises se décline en quatre axes : l’innovation, l’intégration, l’implantation et l’image. Toutefois, l’un des gros défis du NECO reste le manque de surfaces disponibles. Si le Canton dispose de 119'852 mètres carrés en zone d’activités économiques, aucun ne se situe sur le littoral ou au Val-de-Ruz.
La perspective du Pôle économique de La Tène, dont une opposition est actuellement en traitement au Tribunal fédéral, se laisse entrevoir, mais pas immédiatement. Or, selon le chef du service de l’économie du Canton de Neuchâtel, Matthieu Aubert, plusieurs entreprises ont déjà dû renoncer à s’étendre ou à s’implanter dans le canton ces quatre dernières années, faute de place disponible.
Pour lutter contre cette raréfaction des surfaces, le NECO a engagé une stratégie de densification ou de réhabilitation de sites existants. Il a notamment participé aux projets JD7 à Neuchâtel, Usinnove à Serrières et HDV7 au Locle.
Matthieu Aubert : « Plus de 50 entreprises nous contactent, en moyenne, chaque année pour des demandes de surfaces. »
Pour élargir l’horizon du Canton de Neuchâtel et attirer des entreprises à l’étranger, le Canton a créé, l’an dernier, une nouvelle identité de promotion économique nommée « invest Neuchâtel ». En 2025, quatre missions économiques ont été menées, aux Emirats arabes unis, en Chine en Espagne et au Canada. Les prochaines missions seront menées en Pologne, au mois de septembre, et en Irlande du Nord, au mois d’octobre. /bla









