Le groupe qui occupe illégalement les anciens abattoirs de Serrières ne s’est pas encore décidé. Après la sommation de la Ville de Neuchâtel de quitter les lieux d’ici vendredi, les membres hésitent encore. Une discussion doit avoir lieu ce jeudi.
Le collectif ABAL ne sait pas encore quelle décision prendre. Une chose est certaine : il n’est pas le bienvenu aux anciens abattoirs de Serrières. La Ville de Neuchâtel a sommé les squatteurs de quitter les lieux hier. Mais les jeunes artistes, qui souhaitent proposer un lieu culturel ouvert à tous et à prix libre, ne savent pas encore s’ils vont rester ou partir. Une discussion doit avoir lieu ce jeudi.
Dans son communiqué, le Conseil communal précise que les bâtiments sont insalubres et dangereux, et que le site est pollué. Un avis que ne partage pas le collectif ABAL, qui estime ne pas avoir reçu suffisamment de preuves de la part de la Ville. « C’est aussi pour ça qu’on a fait venir des personnes professionnelles du milieu, mais on est un peu en attente. C’est aussi pour ça que la décision de partir ou pas est compliquée à prendre quand on n’a pas toutes les preuves », explique une membre du collectif ABAL qui se surnomme Moufette.
« Oui, un mur peut s’effondrer, mais on peut traverser la route et se faire shooter. On n’entre pas dans le bâtiment. On fait attention », ajoute-t-elle.
Le collectif reproche également à la Ville un manque de cohérence dans son discours. « Si le bâtiment est dans cet état-là et que la Ville laisse aussi ses employés venir prendre du matériel et travailler ici... »
Moufette : « Je pense que le problème est un peu plus large que nous qui occupons ce lieu depuis quelques jours. »
Malgré leur désaccord avec les autorités, les artistes disent vouloir maintenir le dialogue. « On essaye de rester dans un dialogue cordial avec la Ville, d’être en bons termes. C’était l’ultimatum qui a été mis, mais sans justification qui nous a semblé recevable. Les discussions qui vont avoir lieu jeudi au sein du collectif, ce sera pour parler de tout ça et voir à quel point la Ville est avec nous dans nos démarches », explique Matteo, un autre membre du collectif ABAL.
Matteo : « La Ville dit qu’elle nous soutient dans nos projets, mais s’il n’y a aucune proposition qui est faite derrière, on ne voit pas réellement le soutien. »
L’occupation de ce lieu est illégale. Les militants culturels s’exposent donc à de possibles conséquences judiciaires. Une situation qui inquiète Moufette. « On ne fait pas ça par plaisir, on préférerait être chez nous et pouvoir amener des dossiers à la Ville qui sont pris en compte sans attendre des années. [...] Donc oui, évidemment qu’on n’a pas envie d’être là, évidemment que c’est stressant. »
Moufette : « Pour nous, la culture, c’est quelque chose d’essentiel et ce n’est pas la culture dans le sens où on veut faire la fête. »












