Une mesure forte pour contrer la baisse du prix de la viande de porc

Suisseporcs propose ce mercredi à ses délégués de financer la suppression de places de truies ...
Une mesure forte pour contrer la baisse du prix de la viande de porc

Suisseporcs propose ce mercredi à ses délégués de financer la suppression de places de truies afin de limiter le nombre de porcelets sur le marché.

La filière porcine est toujours sous pression. (Photo d'archives). La filière porcine est toujours sous pression. (Photo d'archives).

C’est une mesure forte pour la filière porcine qui est proposée mercredi. Le comité central de la faîtière Suisseporcs convoque ses délégués à Olten pour une assemblée extraordinaire. Depuis 2022, la viande de porc connaît des prix extrêmement bas, aujourd’hui à CHF 3.70 le kilo, alors que les producteurs ont besoin de CHF 4.50 pour rentrer dans leurs frais. Un seul concept pour soulager le marché : faire baisser le nombre de porcelets en finançant l’arrêt de l’élevage. « Le but est de fermer des exploitations de truies. Si l’engraisseur ne trouve pas de porcelets, il laissera son box vide plus longtemps », explique le représentant romand. Christoph Trachsel dénombre 100'000 places de truies en Suisse. Le concept de Suisseporcs est d’en supprimer environ 1500 par année. Un chiffre qui pourrait évoluer par la suite.

Selon le Fribourgeois, cette mesure pourrait être demandée par des agriculteurs arrivant à la retraite ou pour des exploitations nécessitant de grands investissements de remise aux normes. Certains éleveurs attendraient ce financement pour passer à l’action. Mais ce principe est décrié par certains délégués de Suisseporcs qui pourraient le refuser mercredi. Ce concept doit être accepté par les deux tiers de l’assemblée pour entrer en force.

Christoph Trachsel : « Ce qu’on vit maintenant, c’est incroyable. »

Environ 98% d’autoproduction

Le représentant romand de Suisseporcs explique que la filière est en surproduction. La viande suisse couvre ainsi 98% des besoins, indique Christoph Trachsel. Quelques cochons de plus peuvent très vite être de trop. Déjà en 2022, lorsque les prix étaient « misérables », des agriculteurs avaient cessé l’élevage, sans pour autant assainir le marché. Le Fribourgeois relève que le nombre de truies a donc baissé, mais le progrès génétique permet d’avoir plus de porcelets par portée. Il relève que la consommation de la viande de porc n’explique pas cette surproduction, puisqu’elle se situe toujours aux environs de 18 kilos par personne et par année.


Un cycle qui s’emballe

Les éleveurs connaissent des cycles dans les prix de la viande de porc. « Tous les trois ans, il y a une surproduction. Mais là, c’est quand même grave », s’inquiète Christoph Trachsel. L’agriculteur indique qu’au début de l’année 52'000 porcs par semaine étaient abattus, alors que les deux grands acheteurs en attendent environ 45'000. Micarna et Bell exigent d’ailleurs de la part de la faitière des mesures sinon ils n’accepteront plus ce surplus. /ncp


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