Une nouvelle version d’escroquerie par téléphone fait son apparition. Une intelligence artificielle remplace parfois l’opérateur frauduleux à l’autre bout du fil. Selon la Police neuchâteloise, bien que la forme de l’appel change, le mode opératoire reste le même.
L’IA au service des réseaux d’arnaqueurs. Les escroqueries par téléphone évoluent avec leur temps. Si vous avez déjà eu un coup de fil d’un opérateur se faisant passer pour votre banque pour vous soutirer de l’argent, vous expérimenterez peut-être bientôt une nouvelle version de ces arnaques téléphoniques. L’intelligence artificielle remplace parfois l’être vivant à l’autre bout du combiner. La voix, presque humaine, vous demande de fournir diverses informations confidentielles dans le but de vous extorquer des fonds. « De ce qu’on sait, c’est que l'IA va vous donner des instructions et potentiellement interagir avec vous, mais avec certaines limites tout de même », explique le responsable de la brigade des cyberenquêtes de la Police neuchâteloise. Steven Bill précise que ce phénomène est encore peu répertorié à Neuchâtel et en Suisse. « Pour l’instant, ça reste un bruit de fond. Nous n’avons pas documenté massivement des cas de ce type », détaille-t-il. Pour les auteurs, le bénéfice se voit principalement sur la quantité d’appels qui peuvent ainsi être passés.
Steven Bill : « Elle peut appeler des dizaines et des dizaines de personnes à la fois. »
Pour le moment, il est encore possible de repérer les voix générées par IA sans outil informatique, estime le responsable de la brigade : « On peut en principe détecter que c’est une IA dans ses interactions avec nous, parce que ses réactions à nos émotions ne seront pas forcément adaptées ».
« Avec de bons réflexes, on peut éviter d’être victime »
L’utilisation de l’IA va probablement s’accentuer dans le domaine des escroqueries. On peut notamment déjà citer les cas de fraudes en ligne se servant de deepfake (technique basée sur l’intelligence artificielle permettant de créer des trucages photos ou vidéos ultraréalistes), par exemple pour détourner des visages de personnalités. Concernant l'usage de l'IA par téléphone ce n’est pas certain qu'elle augmente, estime Steven Bill : « Sans doute que les auteurs ont encore assez de succès, sans devoir exploiter ces outils. »
« Que vous ayez un humain ou une intelligence artificielle à l’autre bout du fil, les règles sont les mêmes ».
Il faut se méfier de la mise sous pression exercée par ces intelligences artificielles à l’autre bout du fil, surtout s’il s’agit d’obtenir des informations confidentielles, rappelle Steven Bill : « À partir du moment où l’on vous demande de l’argent, ce n’est plus sûr ». À Neuchâtel, les forces de l'ordre ne dénombrent aucun cas d’arnaque par téléphone se servant de l’IA ayant porté ses fruits. Toutefois, la Police neuchâteloise se prépare à toutes éventualités. Malgré tout, le déroulement des enquêtes ne va sans doute pas beaucoup changer, car le mode opératoire reste le même, selon le responsable de la brigade des cyberenquêtes.
« Je ne pense pas qu’il n’y aura fondamentalement de changements. »
Si vous êtes victime d’une escroquerie de ce genre, il est important de le signaler à la police et de porter plainte, termine Steven Bill. /crb









