Le Canton de Neuchâtel se donne les moyens de mieux lutter contre le harcèlement de rue. Les victimes et les témoins pourront désormais signaler ces actes souvent banalisés via un site internet accessible à toutes et tous.
« Le harcèlement n’a pas sa place dans l’espace public ! » C’est par ces mots que Céline Vara, la Conseillère d’État en charge de la sécurité, de la digitalisation et de la culture du canton de Neuchâtel a affirmé ce mercredi une position ferme face à la problématique du harcèlement de rue. Pour mieux lutter contre ces actes souvent banalisés, les autorités cantonales, en collaboration avec la Police neuchâteloise, ont lancé une plateforme permettant de les signaler 24 heures sur 24. Cette application a été présentée mercredi. Elle est accessible via la page d’accueil du portail Guichet unique depuis mardi soir, aussi bien depuis un téléphone portable qu’un ordinateur. Sans formalités préalables, toute personne, résidente ou de passage dans le canton, pourra donc dénoncer des abus dans l’espace public, tels que des remarques insistantes, des interpellations, des comportements intrusifs ou des attitudes à connotation sexiste ou intimidante. « Le harcèlement est difficile à définir, c’est pour cela que le formulaire permet de rendre compte de toutes sortes d’abus », explique Céline Vara. Cet outil s’inscrit dans le prolongement du sondage « Mon canton, ma sécurité », lancé en août 2025, qui a mis en évidence les préoccupations de la population face aux persécutions dans l’espace public. Jusqu’ici Neuchâtel n’avait que très peu de données sur l’ampleur de cette problématique. Grâce à cette plateforme, la police y verra plus clair.
Céline Vara : « On a une vision très partielle de ce phénomène. »
La plateforme a pour but de facilité les démarches. Ainsi le signalement peut être effectué par des victimes, mais aussi des témoins, de manière anonyme ou avec une demande de suivi. Dans ce cas, la police s’engage à reprendre contact avec la personne dans un délai de cinq jours. Cette plateforme ne remplace cependant pas un dépôt de plainte. Elle constitue un outil complémentaire pour les forces de l’ordre afin de mieux documenter et prévenir ces situations de harcèlement de rue. « Nous pourrons nous servir de ces données pour identifier les zones à risque et qui nécessitent plus de vigilance de la part de nos agents », détaille Olivier Ruembeli, chef de la police de proximité de la Police neuchâteloise.
Olivier Ruembeli : « A partir de là, seront mises en place des mesures. »
Ça s’est passé ici !
Ce nouvel outil est accompagné d’une campagne de promotion, lancée ce mercredi. Baptisée « ça s’est passé ici », elle prendra la forme d’affichage dans les transports en commun, dans les communes, mais aussi sur les réseaux sociaux et le site internet du canton. « Nous souhaitons vraiment ancrer ce message dans le quotidien et encourager les victimes à s’exprimer », précise Georges-André Lozouet, porte-parole de la Police neuchâteloise. Les affiches sont équipées d’un QR-code renvoyant directement à la plateforme de signalement. Cette campagne a également pour but de faire prendre conscience aux potentiels agresseurs qu’ils peuvent être dénoncés. « Ils ne peuvent plus agir en toute impunité », s’exclame la Conseillère d’État. Et d’ajouter que ces problématiques de harcèlement de rue concernent encore majoritairement les femmes.
Céline Vara : « Le harcèlement de rue est majoritairement l'œuvre d'hommes. »
Quant aux potentiels faux signalements qui peuvent inquiéter, Céline Vara se veut rassurante. « Bien sûr que des faux ou des trolls peuvent se glisser dans les statistiques, mais c’est un risque à prendre et je pense qu’ils seront en grande minorité face au problème bien réel qui est aujourd'hui mis sur la table », termine la Conseillère d’État. /ATS-crb









