Il avait tué un scootériste à Marin, il écope d'un an de prison ferme

Un trentenaire biennois a été condamné ce lundi à Neuchâtel par le Tribunal de police pour ...
Il avait tué un scootériste à Marin, il écope d'un an de prison ferme

Un trentenaire biennois a été condamné ce lundi à Neuchâtel par le Tribunal de police pour avoir accidentellement ôté la vie à un Carcoie de 17 ans, il y a deux ans sur l’autoroute. Une audience chargée d’émotions.

Le Tribunal de police a rendu son verdict lundi à Neuchâtel. (Photo d'illustration) Le Tribunal de police a rendu son verdict lundi à Neuchâtel. (Photo d'illustration)

Un trentenaire biennois a été condamné à deux ans de prison, dont un an ferme ce lundi à Neuchâtel par le Tribunal de police pour homicide par négligence et infractions à la Loi sur la circulation routière. L’homme a également été condamné à verser 70'000 francs pour tort moral.

Il y a deux ans jour pour jour, ce chauffard, qui roulait trop vite et alcoolisé au volant d’une voiture de sport, avait fauché un scootériste carcoie de 17 ans sur l’autoroute en direction de Bienne, peu après Marin, « vers 22h25 », selon l’acte d’accusation. Percutée par l’arrière alors qu'elle circulait normalement, projetée à 120m de l’impact, la victime était décédée sur place.

Une quarantaine de personnes a assisté à l’audience, dont les parents et la sœur du lycéen disparu, ainsi que nombre de ses copains. « Mon fils [était] un enfant bien. Toi, tu es un égoïste. J’espère qu’un jour, tu auras plus mal que lui. Je m’excuse de parler comme ça, mais je suis en colère », a lancé la mère de la victime à celui qui, assis sur le banc des accusés, a ôté la vie de son fils le 4 mai 2024. Dans la salle du tribunal, des larmes.


Justice suisse « pas très sévère »

Le soir du drame, la victime se rendait à la Fête du vin de Cressier avec des amis. Quatre scooters roulaient sur cette portion d’autoroute au moment de l’accident. « A la vitesse à laquelle conduisait le prévenu, c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de morts », a estimé l’un des deux avocats des plaignants. Pour avoir discuté avec « plusieurs hommes de loi, la justice n’est pas très sévère en Suisse dans ces cas-là. Mais ici, j’espère le contraire. Avec la mort [de notre fils], on a pris perpète », a déclaré calmement le père du défunt. Sa compagne, elle, a espéré un jugement exemplaire, « pour envoyer un message à la jeunesse ».

Ce soir-là, le chauffard était entré sur l’autoroute à Marin et avait fauché le scootériste sur la voie de gauche, après un dépassement. Il prétend avoir vu des scootéristes de loin sur la voie de droite, mais ne pas avoir pensé qu’un autre conducteur de deux-roues pouvait se trouver sur sa route. « Je sais que ce que j’ai fait est impardonnable, mais j’aimerais quand même demander pardon aux parents et à la sœur de la victime », a déclaré le prévenu au terme des plaidoiries.

Ce Biennois avait été condamné deux fois pour des infractions routières (alcool, ainsi que le fait de se soustraire à un contrôle après une perte de maîtrise), dont une condamnation deux mois avant l’issue fatale. « J’étais alcoolique », s’est-il justifié ce lundi. « Je n’ai plus touché une goutte d’alcool depuis deux ans et je ne veux plus boire de toute ma vie. » Le suivi médical auquel s'est soumis l'homme a joué en sa faveur pour l'obtention du sursis partiel. 


Un délit et non un crime

Mais la partie plaignante ne s’est émue ni de ses efforts, ni de ses excuses. « La seule chose qui compte pour [le prévenu], c’est de conduire », a lâché une avocate. De fait, le chauffard, peintre automobile de profession et passionné de tuning, a entamé les démarches pour récupérer son « bleu » six mois après l’accident mortel. Et de son propre aveu, il l’a récupéré en juillet 2025. Une information qui a déclenché des protestations étouffées dans la salle.

La partie plaignante a tenté de renvoyer la cause devant un tribunal criminel, estimant qu’il s’agissait d’un meurtre par dol éventuel. D’un crime, donc, et non d’un délit. Mais le tribunal n’a pas acquis la certitude que sur le moment, le chauffard avait conscience que sa conduite pouvait causer la mort. Le doute profite donc à l'accusé. 

Cette conclusion s’appuie sur la vitesse et le taux d’alcoolémie du prévenu. Deux expertises estiment la vitesse à « au minimum 148km/h, mais plus probablement 165km/h ». Et l’analyse sanguine a révélé un taux d’alcoolémie d'au moins 0,97 pour mille. Deux données qui se situent « plutôt au bas de l’échelle » du catalogue des délits de chauffard, a expliqué le représentant du Ministère public. Le père de la victime soupçonne lui une vitesse « supérieure à 200km/h », hypothèse qui n’a pas été écartée d’emblée par le président du tribunal.


Appel du jugement ou non ?

La peine maximale que peut prononcer un tribunal de police est de deux ans de prison ferme. Or, un homicide de ce genre peut être sanctionné de trois ans de prison. Après avoir échoué à renvoyer cette affaire en début d'audience, la défense a demandé la peine maximale possible devant un tribunal de police. Après l'annonce du jugement, elle ne s’était pas encore déterminée sur un éventuel appel. 

Ce lundi matin, les premiers mots du président du tribunal ont été pour la famille et les proches de la victime. « Cette situation ne peut appeler que de la compassion. Le travail de la justice ne correspondra peut-être pas à vos attentes. »  Et d'ajouter, en préambule à la lecture de jugement : « Quelle est la peine [judiciaire] juste pour une peine infinie ? [Ce verdict] est une étape sur votre chemin. » /vco 


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