Trois pavés dorés dans les Montagnes neuchâteloises. Ils font partie d’un projet artistique qui a vu le jour en 1992. Ces plaques commémoratives scellées dans le sol visent à rendre hommage aux victimes du nazisme.
Plus de 100'000 de ces pavés de la mémoire ont déjà fleuri à travers d’Europe. Ceux prévus au Locle et à La Chaux-de-Fonds devraient être installés cette année encore, espère Marc Perrenoud. Il est historien et membre de l’association Stolpersteine qui organise la pose de ces « pierres sur les lesquelles on trébuche », selon la traduction littérale de Stolpersteine.
En principe, ces pavés dépassent légèrement des trottoirs sur lesquels ils sont sertis. Dans les Montagnes neuchâteloises, elles seront au même niveau que le sol, pour ne pas compliquer le travail des chasse-neiges.
Dans la Métropole horlogère, ils seront enchâssés devant les maisons où ont habité André Weill et Ida Silberschmidt. Tous deux sont morts dans les camps de concentration du Troisième Reich, à Auschwitz et à Theresienstadt en 1943.
Dans la Mère commune, c’est la mémoire de la résistante Gabrielle Mayor née Huguenin-Dumittan qui sera honorée devant sa maison natale. Arrêtée à Dôle en 1944, elle a été déportée à Ravensbrück. Elle a survécu, mais a été gravement atteinte dans sa santé.
Marc Perrenoud retrace le parcours de ces trois victimes neuchâteloises du nazisme :
L’association Stolpersteine associe les écoles lors de la cérémonie de la pose de ces pavés. « L’idée, c’est que des jeunes travaillent sur les informations [liées aux victimes] et expriment leurs sentiments ».
Pour Marc Perrenoud, ces pavés rappellent que le nazisme a fait des millions de victimes, « mais qu’il y a aussi eu des gens qui ont résisté. C’est une composante de l’histoire humaine qu’il faut sans cesse rappeler. »
« C’est important de savoir comment les processus se sont enclenchés. »
/cwi









