Neuf professionnels rêvent d’une Maison communautaire de santé sur le Littoral neuchâtelois. Ils se sont constitués en coopératives fin mars. Leur but : proposer un écosystème de santé inédit à but non lucratif.
Une maison de santé pas comme les autres pourrait voir le jour sur le Littoral neuchâtelois. Pour y parvenir, un collectif de neuf professionnels de la santé a créé une coopérative à la fin du mois de mars. Elle vise à implanter une Maison communautaire de santé sur le territoire cantonal d’ici 2028. Cette future structure à but non lucratif sera dédiée aux soins de premier recours. « L’idée nous est venue en 2022-2023 quand on travaillait ensemble aux urgences à l’hôpital à Neuchâtel », explique Noémie Guggisberg, psychomotricienne et médecin assistante en médecine interne. « Ce sont les constats d’un système actuel en crise qui nous ont amenés à réfléchir à une solution », poursuit-elle. Plus qu’un simple regroupement de cabinets, c’est bien la forme de coopérative qui rend le projet inédit à Neuchâtel et en Suisse. « C’est une raison sociale innovante dans le milieu de l’ambulatoire », détaille Christopher Richard, médecin interniste généraliste FMH et urgentiste.
Christopher Richard : « La manière dont sera financée la coopérative est aussi innovante.»
Ce modèle de suivi « sur mesure » sera donc mis en place pour certains patients qui en ont le besoin, mais la future Maison communautaire de santé sera accessible à tous. « Il y a toute une autre partie de la patientèle qui pourra bénéficier de consultations plus traditionnelles et habituelles chez un généraliste par exemple », ajoute Noémie Guggisberg. La structure veut intégrer tous les pans de la médecine de premier recours, en collaboration avec l’existant.
Noémie Guggisberg : « Pour l’instant, toutes les professions ne sont pas représentées.»
« C’est vraiment l’idée communautaire de notre projet. On souhaiterait aussi y inclure un café, un groupe de marche ou de méditation par exemple. Ça permet de créer du lien », détaille la médecin.
Sortir d’un modèle basé sur le financement
Par sa structure coopérative, la Maison communautaire de santé veut surtout proposer une alternative. « On ne supporte plus, je crois qu’on peut le dire, le fonctionnement de notre système actuel, qui est basé uniquement sur le financement et la rémunération des prestations », déclare Christopher Richard. Le projet du collectif se positionne donc comme une forme hybride : à mi-chemin entre un hôpital et une association bénévole.
Christopher Richard : « On aimerait que la balance entre le revenu et l’engagement qui fait du sens soit juste. »
Ainsi, le financement ne sera pas uniquement assuré par la Lamal. Reste que pour que la Maison communautaire de santé voie le jour, il va falloir aller chercher des investissements. Pour ce faire, la coopérative entend trouver du soutien auprès des politiques publiques du canton de Neuchâtel. « On pourrait faire appel à des fondations pour parrainer des projets, mais notre idée c’est de pouvoir développer un système pérenne et stable », précise le médecin. « Cet aspect de persistance est essentiel, si l’on espère voir d’autres modèles similaires se répliquer », ajoute Noémie Guggisberg.
Cela fait un peu plus d’un an que le collectif a engagé des discussions avec le Service de la santé publique du canton de Neuchâtel pour trouver des financements. « Le but c’est au moins de montrer notre vision, de faire réfléchir », explique Christopher Richard. « On a le sentiment qu’on peut voir émerger les solutions du terrain. » Pour le moment, les retours sont positifs sur le papier, mais les négociations s’annoncent encore longues.
Noémie Guggisberg : « Le modèle répond à un besoin. »
« Il y a des intentions de soutien très nettes de la part du Canton, mais trouver les bonnes modalités prend du temps », termine Christopher Richard. Quoi qu’il en soit, le collectif espère pouvoir mettre sur pied son projet d’ici 2028 sur le Littoral neuchâtelois. Le lieu qui accueillera la Maison communautaire de santé reste encore à définir. /crb









