Informer sur les évolutions de la contraception

En Suisse, le taux d’interruption de grossesse est en hausse croissante, principalement chez ...
Informer sur les évolutions de la contraception

En Suisse, le taux d’interruption de grossesse est en hausse croissante, principalement chez les trentenaires. Le RHNe propose ce jeudi une conférence pour aborder les enjeux liés à ces IG, ainsi que les évolutions en matière de contraception.

Angélick Schweizer fait partie des intervenantes de la conférence, en tant que spécialiste de la santé sexuelle. (Photo : archives) Angélick Schweizer fait partie des intervenantes de la conférence, en tant que spécialiste de la santé sexuelle. (Photo : archives)

Informer sur la contraception pour freiner la hausse des interruptions de grossesse. C’est le thème de la conférence organisée par le Réseau hospitalier neuchâtelois (RHNe) et qui se tient ce jeudi sur le site de Pourtalès. Dès 19h, deux spécialistes de la santé sexuelle et une médecin gynécologue proposent un éclairage sur le choix contraceptif. Il faut dire qu’en Suisse, le taux d’interruptions de grossesse (IG) augmente de manière constante. « Pour remettre en contexte, précisons que le taux d’IG en Suisse reste relativement bas en comparaison européenne et internationale », relève Angélick Schweizer. Et contrairement à certaines idées reçues, cette hausse concerne en particulier les femmes de plus de 30 ans « depuis 10 ans », précise la responsable du Centre de santé sexuelle de la Ville de Neuchâtel. Dans « La Matinale » ce mercredi, Angélick Schweizer, qui est l’une des intervenantes de la conférence, relève qu’il y a plusieurs pistes pour expliquer que les trentenaires soient particulièrement concernée par la hausse des IG : tout d’abord la remise en question des normes contraceptives. « Il y a de plus en plus de femmes qui veulent éviter de prendre des hormones ». Ensuite, « on se rend compte aussi qu’il y a beaucoup de méconnaissance : il y a des méthodes hormonales qui sont beaucoup moins dosées », précise-t-elle, ajoutant qu’il y a aussi « des méthodes non hormonales qui sont très efficaces », comme le stérilet en cuivre ou la symptothermie. La troisième explication est plutôt sociétale : il y a un changement de parcours sexuel, « de plus en plus de femmes ont plusieurs partenaires et des relations courtes ». Et puisque « pendant longtemps on a pensé la contraception quand on était en couple stable », et n’étant pas en couple, les trentenaires « vont peut-être se dire qu’elles vont profiter de ne pas prendre de contraception régulière », développe Angélick Schweizer. Et ce que les spécialistes savent, de par la littérature et leurs consultations quotidiennes, c’est que lors des relations occasionnelles « elles vont être plus exposées à un risque d’oubli de préservatif. »

Angélick Schweizer précise qu’on ne peut pas faire un lien direct entre l’augmentation des grossesses non désirées et la hausse de popularité des méthodes de contraception naturelles. « Il faut vraiment nuancer », relève la spécialiste de la santé sexuelle. Elle relève qu’il y a des méthodes vraiment fiables comme la symptothermie, qui nécessite cependant de la discipline et un brin de formation. Angélick Schweizer alerte que la méthode dite « de retrait », ainsi que le suivi des cycles des femmes via une application, ne sont pas fiables. Finalement, la responsable du Centre de santé sexuelle de Neuchâtel relève qu’un préservatif est efficace s’il est utilisé correctement. « Je me rends compte qu’il y a pleins d’hommes qui ne connaissent pas leur taille de préservatif », raconte-t-elle. Elle conseille ainsi de se rendre sur le site dédié à faire ce calcul et renseigner.

Cette conférence du RHNe a lieu ce jeudi dès 19h à l’auditoire du site de Pourtalès. Si vous ne pouvez pas assister à cette conférence publique, pas de panique : elle sera diffusée en différé sur la chaîne YouTube du RHNe. Et on rappelle que les consultations au Centre de santé sexuelle sont gratuites et anonymes. /lgn


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