La Chaux-de-Fonds regorge de bâtiments des Trente Glorieuses « intéressants ». L'association en a déjà identifié une centaine.
Les bâtiments des Trente Glorieuses sont les mal-aimés du patrimoine. Des Chaux-de-Fonniers ont décidé de valoriser ce patrimoine, qui est menacé de disparition, en constituant une association, une démarche assez unique à l'échelle d'une ville.
« En raison de l'essor économique important des Trente Glorieuses, une dynamique de construction s'est manifestée, surtout dans la partie ouest de la ville », a déclaré Boris Evard, architecte et futur président de l'association Glorieux Héritages, qui sera constituée mardi soir au Lycée Blaise-Cendrars. Ce patrimoine représente 30% du bâti de la Métropole horlogère, un pourcentage plus élevé que dans d'autres villes.
Boris Evard : « On a des bâtiments iconiques ici à La Chaux-de-Fonds qui sont vraiment en très mauvais état. »
Contrairement à l'Art nouveau ou au patrimoine horloger inscrit à l'UNESCO, le patrimoine des Trente Glorieuses est « méconnu, mal aimé, voire détesté », a précisé Boris Evard. Or, ces bâtiments sont menacés et se délitent plus rapidement qu'ailleurs en Suisse, en raison des écarts de température d'une ville située à 1000 mètres.
Iconique
« Certains bâtiments sont tellement dégradés que si l'on n'intervient pas rapidement, on ne pourra pas les sauver », a ajouté Boris Evard. L'architecte a notamment pointé le cas de l'immeuble Numaga, dont les balcons deviennent dangereux ou le bâtiment de l'Uniprix, qui date de 1956, « qui était pourtant iconique et assez révolutionnaire à l'époque avec des façades rideau ».
Cet immeuble, très vitré, est devenu un gouffre énergétique. « Des solutions existent pour intervenir sur l'enveloppe », a expliqué l'architecte.
La Chaux-de-Fonds regorge de bâtiments des Trente Glorieuses « intéressants ». L'association en a déjà identifié une centaine. « On devra faire des choix », a ajouté Julien Knoepfler, rédacteur patrimonial, futur directeur opérationnel de l’association.
Outre les immeubles des quartiers des Forges ou des Crêtets par exemple, ce patrimoine est composé par exemple d'écoles, comme le Lycée Blaise-Cendrars, d'un hôpital, d'un cinéma, de la salle de musique, du Musée international d'horlogerie (MIH), de la salle du club 44, de centres sportifs, comme la piscine des Mélèzes, ou de lieux de culte. Avec la Tour de la gare, La Chaux-de-Fonds compte en 1956 la plus haute tour de Suisse de l'époque.
Dans les bâtiments inventoriés jusqu’ici, trois ont particulièrement retenus l’attention de Boris Evard :
Les recalés de Capitale culturelle
« Nous voulons sensibiliser Monsieur et Madame Tout le monde à cet héritage », a expliqué le futur président. « On veut informer les différents publics, réunir les différents intervenants et inciter les propriétaires et les gérances à agir, mais sur base volontaire », a déclaré Julien Knoepfler. Au niveau des incitations financières, un fonds spécial de rénovation pourrait par exemple être créé.
Boris Evard : « Faire connaître ce patrimoine à Monsieur et Madame tout le monde (…) et réunir les décideurs. »
L'association est relativement optimiste d'obtenir un soutien de la Ville. Au départ, les membres du comité n'imaginaient pas se constituer en association mais lancer un projet dans le cadre de Capitale culturelle 2027 en proposant une exposition et un livre.
Recalés au premier appel à projets, ils ont persisté en proposant des circuits touristiques avec des guides patrimoniaux et via une application, avec départ du MIH. Ce projet n'a à nouveau pas été retenu, ce qui a poussé ses auteurs à devenir une association et à poursuivre les efforts sur la durée.
Julien Knoepfler : « On a décidé de basculer sur une association et c’est sans doute plus adapté à l’ampleur de la tâche qui nous attend. »
En 2027, l'entité va proposer des circuits touristiques, en 2028 une publication sur les bâtiments emblématiques et en 2029 une grande exposition. /ats-cwi









