L’artiste neuchâteloise MarieMo a reçu une carte blanche de l’institution pour documenter le déplacement des collections vers le nouveau dépôt à Serrières. Un vaste bestiaire défile à travers les cases.
Une bande dessinée pour rendre hommage à un titanesque travail de l’ombre. L’artiste neuchâteloise MarieMo, Marie-Morgane Adatte de son vrai nom, a reçu une carte blanche du Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel, accompagnée d’une mission : documenter le déménagement des collections vers le nouveau pôle muséal de Tivoli à Serrières. Six ans après le vote du crédit par le Conseil général, plus d’un million de spécimens ont été déplacés vers ces nouveaux locaux et la BD, intitulée « Collections bestiales », est sortie de presse. Un vernissage est prévu ce jeudi à 18h au Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel.
Au cours de ce chantier « hors norme », 2'500 mammifères, 15'000 oiseaux, un demi-million d’insectes, 20'000 mollusques, ainsi que 17 tonnes de cailloux ont été déplacés des combles du musée vers leur nouveau dépôt. Il aura fallu près de 5 ans pour conditionner ces spécimens et les déménager sans en perdre ou sans en endommager un seul. C’est ce processus que l’artiste MarieMo a scruté durant deux ans, munie de son carnet d’esquisses. L’artiste a déjà signé deux reportages sous forme de bande dessinée, l’un au Groenland et l’autre à bord de l’Ocean Viking, ce navire qui vient en aide aux migrants. Sa méthode de travail est restée la même pour ce défi très neuchâtelois. MarieMo a suivi « les animaux dans leur déménagement avec un carnet d’esquisses, un journal de bord, où je dessine et j’écris », dit-elle. L’artiste a aussi interrogé les différents conservateurs sur leur relation aux collections sur lesquelles ils travaillent.
MarieMo : « Le challenge, ça a été de vulgariser la parole des scientifiques qui nous expliquent ce déménagement. »
Le Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel avait déjà collaboré avec cette artiste par le passé. Pour son directeur, Ludovic Maggioni, cette carte blanche attribuée à MarieMo permettait de documenter le déménagement d’une façon un peu plus originale qu’aux travers de simples photos par exemple. Il se dit séduit par le résultat. « On voit, et c’est vraiment la richesse de son dessin, tous les détails et toute la diversité des animaux », dit-il. Le tout étant « très bien documenté », ajoute le directeur.
Ludovic Maggioni : « On sent vraiment le foisonnement des collections dans la bande dessinée. »
Cette bande dessinée permet aussi au public de réfléchir à l’importance du travail de documentation et de conservation des espèces à travers le temps. D’ailleurs, même dans de nouveaux dépôts, la lutte contre les ravageurs se poursuit. Célia Bueno, conservatrice des collections des mollusques et vertébrés, explique que des pièges lumineux ont été installés pour capturer les petites bêtes vivantes qui seraient encore présentes.
Célia Bueno : « Seules ces lumières vertes restent et attirent tout ce qui pourrait être vivant. »
Aujourd’hui, le Muséum d’histoire naturelle de Neuchâtel dispose de 1'200 mètres carrés de dépôt neufs, maintenus à des températures qui oscillent entre 15 et 18 degrés, et où le taux d’humidité est finement surveillé. /sbm










