L’accident de mai 2023 est dû à un défaut mécanique. C’est ce que souligne le rapport final du Service suisse d’enquête de sécurité. Le drame avait couté la vie aux trois occupants de l’appareil
Les choses sont claires : selon le Service suisse d’enquête de sécurité (SESE), c’est une défaillance mécanique qui a conduit à un accident mortel d’aviation le 20 mai 2023 dans la région des Ponts-de-Martel. Trois personnes y avaient perdu la vie. Dans le document publié ce jeudi par le SESE, les enquêteurs détaillent les causes de ce drame survenu lors d’un vol privé. C’est un problème avec la commande de la gouverne de direction qui a provoqué la chute de l’appareil, un Robin DR 400 construit en 1982. Le défaut a laissé pratiquement aucune marge de manœuvre au pilote.
Le rapport note que la collision avec le relief est consécutive à une perte de contrôle qui fait suite au blocage de la commande du palonnier. Le blocage a été causé par le désengagement du pivot du train d’atterrissage avant de son socle. La conception de ces pivots est aussi en cause, de même que l’absence d’un écrou dans ce dispositif mécanique. Pourquoi l’écrou n’était pas en place ? L’enquête ne parvient pas à l’expliquer.
Reste que l'avion est donc devenu rapidement « incontrôlable » et s'est écrasé après plusieurs changements de trajectoire, ce qui a pu ressembler à des figures de voltige. Ces mouvements ont été relatés par des témoins. Peu avant le drame, trois personnes ont vu chuter l’appareil. Lors de l’impact, l’appareil n’a ni explosé ni pris feu. Le rapport souligne que suite à la violence du choc, « il n'était pas possible de survivre à l'accident. »
Enquêteurs suisses et français pas sur la même longueur d’onde
Le rapport note enfin que les conditions météorologiques du jour difficiles n’ont pas joué de rôle dans le drame. Le Service suisse d’enquête de sécurité formule plusieurs recommandations en matière d’écrous et de pivots utilisés sur ce type d’appareil. L’une des victimes étant de nationalité française, le Bureau français d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile livre aussi sa lecture du crash. Le BEA ne partage pas les conclusions des enquêteurs helvétiques et estime que l’écrou pouvait être absent avant même le décollage de l’appareil. /aju









