Jean-Claude Durig a « levé l’ancre pour son dernier voyage », lisait-on lundi dans « ArcInfo ». Le fondateur de la compagnie de navigation sur le lac des Brenets s’est éteint la semaine dernière dans sa nonantième année. Avec la disparition de ce personnage incontournable aux Brenets, c’est une page d’histoire locale qui se tourne.
« Mon père était un battant. C’était un visionnaire et il travaillait 24 heures sur 24. » L’hommage est d’Yvan Durig, qui a succédé à son père en 2018 à la tête de la compagnie de navigation. Jean-Claude Durig avait racheté les bateaux de tous les restaurants du Doubs côté neuchâtelois pour en faire une seule compagnie. « C’était durant l’hiver 1962-1963 », se souvient Yvan Durig, « les embarcations étaient alors prises dans le peu de glace qu’il y avait à la suite de la sécheresse estivale. »
Il avait retapé le Walkyrie
L’homme ne s’est pas contenté pas de racheter des bateaux, il les a retapés et les a construits même sur le chantier naval familial des Pargots. Il avait en partie rénové le Walkyrie, le plus vieux bateau à moteur qui navigue encore sur le Léman, et qui avait appartenu à Gustave Eiffel.
Sorti du Technicum du Locle, Jean-Claude Durig s’est fait tout seul. Il avait fondé la première compagnie de taxi de la Mère-Commune dans les années 1960 – qui avait compté jusqu’à 27 Chevrolet – et conduisait ses clients jusqu’en Italie. Puis il a ouvert un garage, où il retapait de vieilles Corvette qu’il roulait parfois le soir pour son plaisir.
Parcours honoré par l'historien David Favre
L’historien du Locle David Favre a retracé ce parcours d’entrepreneur il y a un mois lors d’une conférence au Casino du Locle. Un dernier hommage sera rendu mercredi à 14h au centre funéraire de La Chaux-de-Fonds à Jean-Claude Durig, au son de l’accordéon, instrument dont ses amis jouaient sur les bateaux pour égayer la course des voyageurs. /vco









