Les artistes neuchâteloises Sarjevane Vadi et Fanny Blanchet se sont démarquées lors de ce concours de dessins de presse réservé aux jeunes, l’une grâce à son illustration énergique du saccage de la nature par l’homme, l’autre par sa façon sensible et poétique de représenter le drame de Crans-Montana.
Les illustratrices neuchâteloises ont du talent. La preuve : le Prix Burki 2026 récompensant des dessins de presse de jeunes auteurs a mis en lumière deux d’entre elles la semaine dernière. L’étudiante chaux-de-fonnière Sarjevane Vadi a décroché le deuxième prix avec son illustration d’un monde humain vorace qui déferle sur la nature. Et l’artiste boudrysanne Fanny Blanchet a reçu le troisième prix pour son dessin tout en sensibilité sur le drame de Crans-Montana. On y voit deux hermines scrutant le ciel, l’une disant : « On voit plus d’étoiles que d’habitude ce soir… tu trouves pas ? ».
Remettre de la douceur après le drame
Une illustration publiée le 2 janvier sur Instagram, dont la douceur contraste avec l’horreur des images déferlant après l’incendie meurtrier de Nouvel An, qu’elles proviennent des témoignages du drame ou des contenus générés par l’intelligence artificielle. « Ce que je me dis tout de suite, c’est que ces gens sont de vrais humains, de vraies vies qui viennent de s’envoler. Et j’ai envie de remettre l’humain au milieu de tout ça et surtout, remettre de la douceur », confie l’auteure de 29 ans. Sa récompense lui fait dire qu’elle montre « un pan du dessin de presse dont on a moins l’habitude, qui n’est ni humoristique, ni sarcastique, ni cynique. Je pense que la poésie et la sensibilité ont tout autant leur place que l’humour. »
Fanny Blanchet : « Je ne m'attendais pas à ce que ce dessin soit vu par des centaines de milliers de personnes. »
Sarjevane Vadi, elle, a signé « Modern Fire ». De parents biologistes, l’auteure de 23 ans a été très tôt sensibilisée à la cause écologique. « Cela me touche, parce qu’on détruit de plus en plus, on oblige les animaux à fuir. D’où l’incendie moderne. Avant, c’est le feu qui forçait le monde animal à la fuite. Maintenant, c’est nous, l’incendie qui détruit tout », image l’auteure.
Sarjevane Vadi : « Aujourd'hui, l'incendie qui détruit tout, c'est nous les humains. »
Les deux Neuchâteloises ont touché respectivement 1000 francs et 500 francs grâce à ce Prix Burki 2026, remporté par le Fribourgeois Victor Kaeser. Lui a dépeint la génération Z à la conquête du marché du travail. On y voit trois jeunes dans une zone de guerre qui courent pour échapper aux bombes. Des projectiles qui ont pour noms « Bullshit jobs », « concurrence », « économie » et « intelligence artificielle ». /vco











