La prévention contre les inondations liées au ruissellement monte en puissance à Neuchâtel. Après trois ans de campagne « Pas dans ma maison », près d’un million et demi de francs ont déjà été investis conjointement par l’Établissement cantonal d’assurance et de prévention (ECAP) et les propriétaires pour sécuriser les bâtiments.
Dans un bilan communiqué jeudi, l’ECAP rappelle que le risque est loin d’être marginal : près de 30’000 immeubles, soit environ deux tiers du parc immobilier cantonal, sont exposés à des écoulements d’eaux de surface. Lancée en 2023, la campagne vise à inciter les propriétaires à agir, avec un budget global de 4 millions de francs.
Une mobilisation en nette progression
Après un démarrage prudent, la dynamique s’est accélérée. À ce jour, 860 dossiers ont été ouverts, représentant plus de 800’000 francs de subventions. C’est une nette progression par rapport à fin 2024, où 208 dossiers avaient été enregistrés.
Dans plus d’une centaine de cas, des travaux concrets ont déjà été réalisés pour protéger les bâtiments. Pour les autres, les projets sont en cours d’analyse ou de mise en œuvre. L’ECAP souligne que ces démarches prennent du temps : elles nécessitent souvent un diagnostic initial, parfois des études complémentaires, avant des interventions généralement simples.
Une approche de proximité pour convaincre
Pour toucher les propriétaires, l’ECAP a misé sur une stratégie personnalisée. Chaque bâtiment concerné fait l’objet d’un courrier spécifique, détaillant les risques identifiés. En parallèle, des séances d’information sont organisées dans différentes régions du canton, des Montagnes au Littoral.
Chaque année, de nouveaux propriétaires sont contactés. Objectif : les sensibiliser directement et leur présenter les aides disponibles. Cette approche de terrain favorise l’engagement, selon l’établissement.
Des aides financières incitatives
Le dispositif repose sur un soutien financier jugé accessible. Un premier diagnostic, d’une valeur de 500 francs, est entièrement pris en charge. L’ECAP finance ensuite entre 50 et 100 % des études complémentaires, ainsi que la moitié des coûts des travaux.
Le climat renforce l’urgence
L’intensification des épisodes météorologiques, comme les orages violents, renforce l’importance de ces mesures. Chaque bâtiment protégé permet d’éviter des dégâts potentiellement coûteux, tant pour les propriétaires que pour les assureurs.
Une campagne jusqu’en 2028
La campagne « Pas dans ma maison » se poursuivra jusqu’à fin 2028. L’ECAP entend encore élargir la sensibilisation et concrétiser des projets plus complexes nécessitant des démarches plus longues. /comm-aju









