Les lattes de ski de fond sont définitivement rangées

Au moment de boucler la saison, ce mercredi, Neuchâtel Ski de fond s’interroge sur la pertinence ...
Les lattes de ski de fond sont définitivement rangées

Au moment de boucler la saison, ce mercredi, Neuchâtel Ski de fond s’interroge sur la pertinence de maintenir la densité de son réseau de pistes. Une réflexion qui repose sur l’exemple parlant de cet hiver avec un enneigement très variable selon les endroits.

Les dameuses retournent au garage pour la belle saison. (Photo d'illustration) Les dameuses retournent au garage pour la belle saison. (Photo d'illustration)

La dameuse est définitivement retournée au garage : les pistes du Centre nordique de La Vue-des-Alpes Tête de Ran ont été ouvertes 79 jours cet hiver ; elles ont été tracées pour la dernière fois ce mercredi. Neuchâtel Ski de fond peut se réjouir de ce bilan qui cache une autre réalité. La faîtière comprend neuf centres nordiques qui assurent, en cas d’enneigement idéal, le traçage de 360 kilomètres de pistes sur sol neuchâtelois. Ce réseau est très conséquent, son redimensionnement semble s’imposer : la nature dicte les règles et l’irrégularité de l’enneigement sur la chaîne jurassienne modifie la donne. Toutes les pistes du réseau neuchâtelois n’ont pas bénéficié d’un enneigement adéquat, durant l’hiver. À 1'300 mètres d’altitude, le centre de La Vue-des-Alpes Tête de Ran reste le plus fréquenté du canton et il bénéficie d’une situation privilégiée. Au Centre de la Brévine, les pistes de ski de fond ont été ouvertes 59 jours, soit 20 de moins qu’à La Vue-des-Alpes. En d’autres endroits, on parle de 15 à 20 jours d’ouverture. L’exemple de cet hiver est frappant. Pour le président de Neuchâtel Ski de fond, Jean-Pierre Leuenberger, le réseau doit être redimensionné selon une réflexion entreprise avant le début de la saison : « Il nous paraît toutefois difficile aujourd’hui d’éliminer ou d’abandonner certains centres. On peut en revanche imaginer que ceux-ci soient redimensionnés et deviennent beaucoup plus petits. C’est ce que nous avons essayé de faire cet hiver aux Cernets et à Sommartel en offrant des boucles de 3 à 4 kilomètres. ». L'expérience menée sur ces deux sites est concluante : « L’idée était bonne. Il y avait de la neige, mais à Sommartel, en termes de fréquentation nous sommes restés sur notre faim. »

Jean-Pierre Leuenberger : « Nous ne pouvons pas éliminer des centres »

La réflexion de Neuchâtel Ski de fond concerne aussi des considérations économiques : Neige ou pas, ses frais fixes reposent en priorité sur l’entretien et au renouvellement de son parc machines. Le coût d’une dameuse peut dépasser les 200'000 francs : « Notre parc machine est déjà complet ; chaque centre en possède une. Et nous avons aussi abandonné l’idée de renouveler annuellement les dameuses. Chaque année, un des centres avait une nouvelle machine », précise encore Jean-Pierre Leuenberger

« Nous avons un parc complet. »

Pour l’Association Neuchâtel Ski de fond, l’incertitude liée à l’enneigement a aussi des répercussions sur la vente de ses cartes de saison. Les comptes 2025 font état d’une diminution de 22% par rapport à l’année précédente. Une perte partiellement compensée par le nombre de cartes journalières vendues sur site, qui a augmenté de 8%, et via l’application de 21%. Un mot encore : l’Association ne bénéficie pas du soutien direct des institutions publiques. /mne 


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