La rue Denyse-Reymond sera prochainement inaugurée à La Chaux-de-Fonds. D’autres nouveaux noms de lieux vont honorer les femmes ces prochains mois. La Métropole horlogère est la ville la plus impliquée du canton de Neuchâtel dans ce type de diversité.
« Rue Denyse-Reymond, 2300 La Chaux-de-Fonds ». Ne cherchez pas cette adresse sur votre carte, elle n’existe pas encore. Elle est pourtant mentionnée dans la Feuille officielle neuchâteloise du 6 mars dans le cadre d’une mise à l’enquête publique. Avec ce prochain ajout aux Éplatures, près de l’allée des Paysans-Horlogers, sept rues ou lieux sont nommés d’après des femmes : Monique-Saint Hélier, Sophie Mairet, Cydalise Nicolet, Henriette Grandjean, Jeanne Perrochet et Denyse Reymond. À cela s’ajoutent trois noms en lien avec les femmes, comme celui de la rue des Électrices. Trois autres lieux devraient recevoir des noms liés à des femmes dans le courant de l’année. À titre de comparaison, La Chaux-de-Fonds compte 40 rues ou lieux qui honorent des hommes. Cela veut dire que les femmes sont représentées à hauteur de 30%.
Un souci de représentation
Sylvie Pipoz, déléguée à la valorisation du patrimoine et membre de la commission de toponymie de la Ville de La Chaux-de-Fonds, estime que « le choix de Denyse Reymond s’est fait assez naturellement ». Celle-ci était la fondatrice de l’école Mosaïque à La Chaux-de-Fonds, une institution clandestine créée au début des années 1980 et qui accueillait les enfants « du placard » des saisonniers avant leur légalisation en Suisse.
Sylvie Pipoz : « Une personnalité peu connue mais très importante à La Chaux-de-Fonds. »
À La Chaux-de-Fonds, il revient au Conseil communal de décider des noms des rues. Il le fait en s’appuyant sur le travail d’un organe, la commission de toponymie. Il existe un souci d’honorer les femmes en général, mais selon Sylvie Pipoz, « on souhaite aussi que ce soient des rues valorisantes, de ne pas utiliser des impasses ou des arrière-cours ».
Sylvie Pipoz : « Ça peut aussi être des espaces qui ne portent pas encore de noms mais qui existent déjà. »
Au-delà des renforcer les mentions des personnalités féminines dans l’espace public, les autorités chaux-de-fonnières souhaitent défendre la diversité au sens large. « On est attentifs à intégrer l’entier de la population dans les noms de rue qu’on donne », explique Sylvie Pipoz, qui mentionne par exemple les communautés étrangères. Le jardin de la Saudade, par exemple, honore la culture portugaise.
Sylvie Pipoz : « D’ouvrir un petit peu aux communautés étrangères qui font aussi l’histoire des localités et des cités doit aussi être pris en compte. »
Les autres villes en léger retard
Avec 30%, La Chaux-de-Fonds fait figure d’exemple dans le canton. En ville de Neuchâtel, six rues ou places portent des noms de femmes. Il s’agit de Tilo Frey, Agota Kristof, Sainte Hélène, Jehanne de Hochberg, Marie de Nemours et Isabelle de Charrière. « La proportion de rues baptisées d’après des personnalités féminines est faible », admet Emmanuel Gehrig, responsable de communication pour la Ville. Celle-ci serait inférieure à 10%. Une réflexion a été lancée en 2019 avec le nouvel espace Tilo-Frey à l’Université de Neuchâtel et elle se poursuit à ce jour. Au Locle, en comptant Les Brenets, 23 rues portent des noms de personnalités, dont deux honorent des femmes : Marie-Anne Calame et T.Combe, pseudonyme de l’autrice Adèle Huguenin. À cela s’ajoute la rue des Dentellières et la voie des Horlogères, cette dernière ayant été ajoutée récemment, en profitant du fait qu’il fallait « donner un nom à la future liaison entre l’avenue du Technicum et la rue de France qui doit être construite prochainement », rappelle Myriam Wittwer, du Service communal de l’urbanisme, des infrastructures et de la mobilité. Là aussi, une réflexion sur la question est amorcée. Reste que pour le moment, la proportion de toponymes qui rendent hommage aux Locloises reste inférieure à 20%. /crb-jhi









