On le reconnaissait à son éternel Borsalino blanc vissé sur la tête et à ses chaussures rouges : Elian Bacouet est décédé ce week-end. Celui qui était devenu une figure incontournable du secteur événementiel du canton de Neuchâtel avait 50 ans. Il a succombé à un cancer dimanche.
Par sa naissance, Elian Bacouet est un homme du Nord. Il naît à Valenciennes il y a un demi-siècle, à deux pas de la frontière belge. Arrivé dans le canton de Neuchâtel il y a une vingtaine d’années, il se met à fourmiller de projets, tant et si bien qu’il a sans doute croisé la route de la plupart des Neuchâtelois du Littoral lors d’un événement ou d’un autre ces dernières années.
Lors de son arrivée en Suisse, il multiplie les activités, devenant gardien de parking, vendeur dans un commerce d’électronique, assureur ou responsable des ventes d’un téléréseau. En 2014, il reprend le Lobby Bar, en haut des marches du stade de La Maladière. Il finit par s’en séparer pour s’installer durablement à La Canebière, le minigolf de Neuchâtel, qui va devenir son quartier général, à lui et à son épouse Noémie, pour réaliser de nombreuses idées d’événements.
La Canebière, un nom très méridional pour cet entrepreneur issu des Hauts-de-France. Il ne se contente pas d’y gérer les affaires courantes, mais y organise toute une série de soirées à thème, afin de toucher les publics les plus divers. Il y met sur pied une fanzone pour les compétitions de football comme la Coupe du monde ou l'Euro. Qu’il déplace à la Cité des étudiants en 2022 quand l’événement, basé au Qatar, se tient en hiver.
L’art de rebondir
Comme toute la branche, il est frappé de plein fouet par la crise du Covid-19. Il ne se laisse pas abattre et pour rebondir, il lance une animation en ligne, un blind test musical qui finit par servir de trait d’union entre de nombreux Neuchâtelois. Dans cette archive sonore de 2021, il raconte qu’avec sa femme, « on s’est creusés la tête et on a eu cette idée » d’événement autour de la chanson. Pour la mener à bien, il ne ménage pas ses efforts : « un blind test, c’est 80 heures de boulot », confie-t-il. Ayant bénéficié de la générosité des Neuchâtelois pendant la pandémie, il souhaite faire un geste en retour et le bénéfice d’un blind test sur deux est versé à une association caritative ou à une institution en difficultés.
Elian Bacouet : « La pandémie nous a mis à mal. »
Parmi les autres projets qu’il mène à bien, cet hyperactif collabore avec Festi’neuch, organisant le repas des bénévoles et tenant un stand à fondue pendant la manifestation. Il met sur pied des soirées festives pour Nouvel an. On lui doit également un événement destiné aux familles en 2024 sur la place du Port de Neuchâtel : le Family Day. Côté restauration, il lance deux bars à pâtes et reprend la gestion de la cafétéria du lycée Jean-Piaget. Toutes ses idées ne débouchent pas sur des succès, comme par exemple son envie d’organiser les mondiaux de minigolf à Neuchâtel, qui se heurte au manque de soutien de la Fédération suisse.
Père de quatre enfants, au cœur d’une famille recomposée, Elian Bacouet a succombé à une maladie qui l’a emportée en quelques mois, entre le premier diagnostic et son décès dimanche. Les réactions se multiplient sur les réseaux. Celles et ceux qui l’ont connu décrivent « un bon type », « un homme incroyable et tellement gentil », un « warrior » ou encore « la gentillesse incarnée ».
Une fête d’adieu à lieu ce mercredi 11 mars à 14 heures à la salle Espace-Perrier à Marin. « Ce sera mon dernier event », clame Elian Bacouet dans son avis de décès. /jhi









