Reptiles-Reptilien face au vide absolu

Près de deux mois après un incident de chantier qui a libéré de l’amiante, le refuge Reptiles-Reptilien ...
Reptiles-Reptilien face au vide absolu

Près de deux mois après un incident de chantier qui a libéré de l’amiante, le refuge Reptiles-Reptilien au Locle cherche un moyen de reprendre ses activités, au moins en partie.

Sandrine et Carlos Rodriguez dans leurs locaux du Locle avant l'incident. (Photo : archives). Sandrine et Carlos Rodriguez dans leurs locaux du Locle avant l'incident. (Photo : archives).

Après le désastre, le « vide absolu ». C’est ainsi que Carlos Rodriguez résume la situation actuelle du refuge Reptiles-Reptlien au Locle, qu’il a fondé en 2017 avec son épouse Sandrine.

Le 12 janvier dernier, l’intervention d’un ouvrier lors de travaux dans les locaux de la rue des Envers 39 a libéré dans l’air une importante quantité de poussières chargées d’amiante. Une situation qui a obligé les responsables à agir dans l’urgence afin de préserver leurs animaux. Si les insectes n’ont pour l’essentiel pas survécus, les près de 150 reptiles ont été déplacés dans des locaux industriels à La Chaux-de-Fonds, mis à disposition par la gérance. Un geste salvateur pour les pensionnaires du refuge, mais qui ne permet pas pour l’heure de reprendre les activités de l’institution.


Un dernier recours

« Nous travaillons dans l’ombre », explique Carlos Rodriguez quand on lui demande de décrire sa situation actuelle. D’autres institutions, comme Muzoo à La Chaux-de-Fonds ou le Tropiquarium de Servion, ont accepté d’héberger une partie des reptiles. Mais en attendant, les occupations ordinaires du refuge sont à l’arrêt : pas de visites de classes, pas d’événements publics, pas d’accueil de stagiaire, pas de revenus et surtout, l’impossibilité de répondre aux situations d’urgence, la vocation première de Reptiles-Reptilien.

« Les gens nous voient comme un dernier recours », relève le responsable, qui rappelle que l’institution est la dernière en Suisse à pouvoir agir quand, par exemple, un particulier retrouve un serpent dans son jardin ou à son domicile, ou quand des propriétaires traversent une situation de détresse avec un animal qui requiert des conditions de détention ou des soins spécifiques. La mise entre parenthèse du refuge les laisse sans recours.

Les responsables du refuge sont dans l’attente d’un signe de la gérance. L’assurance de celle-ci et celle de l’entreprise en charge du chantier doivent trancher la question du remboursement. Selon Carlos Rodriguez, les locaux de la rue des Envers ont été nettoyés par une entreprise spécialisée, mais les travaux ne sont pas terminés et le désamiantage n’a pas été mené.


Reprendre une activité

Au cours de cette épreuve, Reptiles-Reptilien a pu compter sur le soutien moral et financier de nombreux particuliers et entreprises. La Ville du Locle a manifesté son appui, ainsi que l’ambassade du Chili à Berne (Carlos Rodriguez est chilien). Reste que les cofondateurs sont pressés de reprendre une activité, même partielle, et de revenir au Locle, où ils ont leurs repères. Ils souhaiteraient pouvoir bénéficier de locaux temporaires en attendant la fin du chantier. Cela leur permettrait de lancer un appel aux dons, de remplacer une partie du matériel contaminé lors de l’accident et de se remettre au travail. /jhi


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