La guerre contre l’Iran a des conséquences internationales sur le prix des hydrocarbures. Le canton de Neuchâtel est un gros consommateur de gaz. Mais ses achats anticipés devraient le protéger des hausses de tarifs, en tout cas à moyen terme.
L’offensive contre l’Iran fait craindre des conséquences dans la région. Elles concernent les tarifs des hydrocarbures et en particulier ceux du gaz naturel.
Le prix du gaz qui a grimpé lundi dans toute l’Europe. Deux des principales usines de traitement de QatarEnergy ont subi des attaques de drones iraniens. La compagnie, géant gazier du Golfe arabo-persique, a immédiatement interrompu sa production de gaz naturel liquéfié. Dans les heures qui suivaient, le tarif de référence du gaz pour l’Europe a bondi de plus de 50%.
De quoi alarmer quand on sait que Neuchâtel est particulièrement gourmand en gaz naturel. En 2024, le canton consommait presque autant de gaz que d’électricité. Selon le portail statistique de l’État, la consommation de gaz, par rapport aux autres agents énergétiques, s’élevait à 21,1%. À titre de comparaison, pour la même année, la part du gaz à l’échelle nationale était de 12,3 %.
Un canton pas comme les autres
À une autre échelle, Neuchâtel représente 2% de la population suisse, mais consomme 4% du gaz national. Interrogé sur ces données, le directeur des énergies et produits chez Viteos, Laurent Vonmoos, avance une explication en deux volets : premièrement, l’aspect industriel du tissu économique neuchâtelois. La raffinerie de Cressier, dernière installation du genre encore en activité en Suisse, est pointée du doigt pour sa forte consommation de gaz. Deuxièmement, cette consommation dépend de la manière dont les réseaux de gaz ont été historiquement développés. En l’occurrence, dans le canton de Neuchâtel, « ces réseaux sont plus étendus que dans d’autres cantons », ajoute le responsable.
Laurent Vonmoos : « C’est un canton qui est plutôt industriel. »
Cette situation interroge, au regard des fréquentes hausses du prix du gaz en Europe. Mi-janvier, le froid glacial qui frappait les États-Unis a influencé les tarifs du gaz. Plus globalement, ces dernières années, le contexte géopolitique a bouleversé la filière d’approvisionnement, dans le cadre par exemple du conflit russo-ukrainien.
Des commandes à long terme
Dans ces circonstances, faut-il être inquiet ? La hausse de tarifs causée par la situation au Moyen-Orient va-t-elle changer les prix du gaz au niveau local ? Le directeur des énergies et produits chez Viteos se veut rassurant : le tarif de distribution et le prix d’achat ne peuvent pas être comparés, car ils ne sont pas corrélés. « Le tarif de distribution est fixé directement par Viteos car l’entreprise achète jusqu’à trois ans à l’avance du gaz à un prix fixe, qui n’est pas impacté par les fluctuations à court terme. »
Laurent Vonmoos : « Les deux prix ne peuvent pas être comparés l’un avec l’autre. »
Ces dernières années, la consommation est toutefois à la baisse. « Une bonne chose pour la transition vers des sources d’énergie plus renouvelables, comme les pompes à chaleur et les réseaux de chauffage à distance, dans lesquels Viteos investit de manière importante », conclut Laurent Vonmoos
Le tarif européen de référence pour le gaz Dutch TTF atteignait 55 euros mardi matin. Il reste loin des niveaux atteints en 2022 au début de la guerre en Ukraine, où il avait dépassé les 300 euros.
En ce qui concerne l’essence et le mazout, l’association professionnelle de la branche Avenergy relève dans un communiqué publié lundi que le prix du pétrole enregistre une hausse de 10 à 15% par rapport à la semaine dernière. L’effet sur les tarifs va dépendre de l’évolution du conflit en Iran. /raf-jhi









