Figure discrète, mais incontournable de la scène culturelle neuchâteloise, musicien, compositeur, réalisateur ou homme de théâtre, Jeremy Rossier est décédé le 28 février. Partout où il est passé, ses talents et son humilité ont marqué les esprits.
Le monde culturel neuchâtelois perd une de ses grandes figures. Jeremy Rossier est décédé samedi 28 février, emporté par une leucémie foudroyante. Il avait 36 ans.
Dans la bouche de toutes les personnes que nous avons contactées et qui l’ont côtoyé, les mots qui sont revenus le plus souvent pour qualifier Jeremy Rossier sont multitalents et humilité.
Né au Val-de-Ruz et établi à La Chaux-du-Milieu, il composait, orchestrait, arrangeait des morceaux, jouait de la trompette, dirigeait des fanfares, scénarisait, filmait, montait et jouait dans des films et des séries. On l’a aussi vu sur des scènes de théâtre et d’opéra.
Un artiste aux multiples visages
Son activité était tellement foisonnante qu’il est difficile d’en faire un tour exhaustif. On peut parler cinéma avec par exemple la websérie « Cliftown », créée avec son ami d’enfance Stéphane Pellaton et dans laquelle joue un certain Christian Mukuna. L’humoriste neuchâtelois dit de Jeremy Rossier : « C’était une de ces personnes qui sont sincèrement gentilles. Des gens qui tendent la main et n’attendent rien en retour. »
Jeremy Rossier dirigeait les fanfares de La Chaux-du-Milieu, de Cornaux et de Chézard. Trois formations issues de trois régions neuchâteloises qu’il a regroupées pour le projet de théâtre-concert autour de James Bond à la fin de l’année dernière.
Il composait aussi. On pense notamment au ciné-concert Nosferatu en 2019 ou à la musique de la pièce de théâtre Novecento présenté l’été dernier par l’avant-scène opéra dans une halle du chantier naval du Nid-du-Crô.
Il y a quelques semaines, Jeremy Rossier jouait dans le Malade imaginaire de Molière avec le théâtre Entr’acte. Il devait monter sur la scène dès le 13 mars avec Saintimania. Dimanche, toute l’équipe de la revue imérienne s’est retrouvée pour décider quoi faire. L’avis a été unanime, assure le chef de troupe Sandro Morandin : « Jeremy aurait voulu qu’on monte sur scène. Et nous, on veut faire le spectacle pour lui. »
Engagé dans la vie musicale neuchâteloise
Jeremy Rossier était aussi membre de l’association cantonale des musiques neuchâteloises. Pendant une dizaine d’années, il a endossé le rôle de chef du camp annuel de l’ACMN. Il occupait aussi le poste de vice-président de la commission musicale. À ce chapitre, Martial Rosselet, le président de cette commission glisse que « Jeremy était quelqu’un de très impliqué. Une source de propositions pédagogiques et artistiques. Grâce à son talent d’arrangeur et d’orchestrateur, il a contribué à diversifier et à alimenter le programme musical des 32 sociétés de musique du canton. »
Au printemps dernier, il avait coécrit et composé avec Angie Ott « There Will Be », une chanson autour de la résilience.
Multi-artiste, Jeremy Rossier l’était sans aucun doute. À tel point qu’il s’était posé la question de savoir s’il n’avait pas avantage à se consacrer à un seul de ses talents, explique Yves Senn, le directeur de l’avant-scène opéra.
Yves Senn qui annonce vouloir contacter toutes les associations avec lesquelles Jeremy Rossier a travaillé pour « organiser d’ici quelques mois un évènement qui montrera l’ampleur de ce qu’il faisait. En toute simplicité et avec une humilité énorme. » /cwi









