Du bois mort pour plus de biodiversité

Mi-février, la Station ornithologique suisse et Pro Natura Neuchâtel ont lancé une étude dans ...
Du bois mort pour plus de biodiversité

Mi-février, la Station ornithologique suisse et Pro Natura Neuchâtel ont lancé une étude dans la forêt des Roches-Voumard au Locle. Elle permettra de mieux comprendre l’impact à long terme des tempêtes sur la diversité des populations d’oiseaux forestiers.

Antonin Jaquet, responsable des réserves chez Pro Natura espère que davantage d'espèces d'oiseaux viendront peupler la forêt du Locle. Antonin Jaquet, responsable des réserves chez Pro Natura espère que davantage d'espèces d'oiseaux viendront peupler la forêt du Locle.

Le bois mort, une aubaine pour bon nombre d’oiseaux forestiers. Depuis deux semaines, une étude de longue haleine a été lancée dans une forêt du Locle. Réalisée conjointement par la Station ornithologique suisse et Pro Natura, elle devra servir à comprendre l’impact des tempêtes sur l’écologie des milieux forestiers.

Après la tempête du 24 juillet 2023, la forêt des Roches-Voumard au Locle, comme de nombreuses zones boisées dans les Montagnes neuchâteloises, a été ravagée. Sa particularité ? Cette forêt appartenant à Pro Natura n’a pas été touchée depuis ce drame. Quand on s’y promène, c’est comme si le temps s’était arrêté : des branchages, des troncs jonchent le sol et plusieurs cimes semblent s’être volatilisées. Une situation singulière dans le canton de Neuchâtel, estime Antonin Jaquet, responsable des réserves de Pro Natura Neuchâtel. « Après la tempête, la plupart des propriétaires se sont empressés d’aller ramasser le bois. D’une part, pour assurer la sécurité des potentiels promeneurs, mais aussi pour le vendre ». Dans cette forêt, Pro Natura a décidé de laisser le bois mort au sol, car au-delà de l’aspect dramatique et destructeur que cette tempête a pu avoir, au niveau de la biodiversité elle est une chance, se réjouit Antonin Jaquet.

Antonin Jaquet : « D'un point de vue biodiversité, c'est une opportunité rare. »

Ainsi cette forêt présente une occasion presque unique de pouvoir observer l’évolution des populations d’oiseaux forestiers dans ce contexte post-tempête. Une dynamique qui montre des lacunes dans la recherche. « On a beaucoup étudié les espèces saproxyliques (des coléoptères qui mangent le bois) et on sait que, dans ces zones où on laisse le bois mort, la diversité des espèces augmente. Pour les oiseaux, on en sait un peu moins », détaille Antonin Jaquet.

Depuis mi-février, une étude des populations d’oiseaux a donc été lancée dans ce secteur. Elle durera une trentaine d’années. « La forêt évolue lentement », précise le responsable. Pour recenser les différentes espèces, trois capteurs sonores ont été installés dans différentes zones.

« Ce sont des appareils qui se déclenchent le soir et le matin. »

À terme, le responsable des réserves de Pro Natura espère que davantage d’espèces d’oiseaux viendront peupler cette forêt. Il nous donne quelques exemples : « Si la Gélinotte des bois revient dans cette partie du canton ce serait génial et pourquoi pas le Pic tridactyle », imagine Antonin Jaquet. /crb


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