Les vaches suisses ne peuvent plus brouter en France

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires interdit l’estivage ...
Les vaches suisses ne peuvent plus brouter en France

L’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires interdit l’estivage bovin en France pour la saison 2026. Une mesure édictée en prévention de l’introduction de la dermatose nodulaire dans le pays, mais qui complique la tâche des 11 éleveurs neuchâtelois qui ont une exploitation transfrontalière.

La frontière française se trouve à une centaine de mètres derrière la ferme de Christian Bugnon. La frontière française se trouve à une centaine de mètres derrière la ferme de Christian Bugnon.

Les bovins suisses n’ont plus le droit de passer la frontière pour pâturer. Une décision prise par l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) pour prévenir l’introduction en Suisse de la dermatose nodulaire. Cette maladie très contagieuse a fait des ravages chez nos voisins, mais aucun cas n’a encore été détecté dans notre pays. Dans le canton de Neuchâtel, 11 exploitations sont à cheval sur la frontière. C’est le cas de celle d’Elvina Huguenin et de Christian Bugnon au Cerneux-Péquignot. Sur leurs 93 hectares de surface agricole utile, 25 sont sur sol français. Pour eux, cette interdiction priverait leurs bovins de pâturages boisés pour s’abriter en cas d’intempéries ou de fortes chaleurs cet été. Autre difficulté : « Il y a 10 hectares que l’on ne peut pas faucher sur France et on ne pourra pas pâturer, donc il va falloir trouver une solution pour cette surface », explique Christian Bugnon. L’éleveur précise qu’il pratique l’estivage journalier, ce qui signifie que ses bêtes reviennent chaque jour à la ferme pour la traite. C’est pour cette raison qu’il espère obtenir une dérogation de la part de l’OSAV.

Christian Bugnon : « C’est une perte économique. »

Les 10 hectares sur sol français que Christian Bugnon ne peut pas faucher et qui ne seront pas pâturés par ses bovins représentent une grande perte économique. Un manque à gagner qui ne sera pas indemnisé par la Confédération, faute de base légale. L’éleveur du Cerneux-Péquignot dénonce également une mesure qui peut être dangereuse. « La solution qu’on a, ce serait de prendre des animaux français pour pâturer sur sol français ». Une mesure qui brasserait encore plus les animaux et les rapprocheraient de la frontière.

« On se mettrait un autogoal. »

Une situation que la Chambre neuchâteloise d’agriculture et de viticulture (CNAV) déplore. Son directeur Yann Huguelit a pu s’entretenir avec l’OSAV. « L’idée était de voir quelles étaient les alternatives », explique-t-il. Le directeur de la CNAV qui aurait également souhaité une différence de traitement entre les exploitations qui font du pacage journalier et celles qui envoient leurs bêtes un peu plus loin sans revenir de la journée.

Yann Huguelit : « On souhaitait vraiment qu’elles soient non soumises à cette interdiction. »

Christian Bugnon se dit préoccupé par la propagation de la dermatose nodulaire. Toutefois, il reste persuadé que son type d’exploitation ne devrait pas être soumis à cette interdiction. Il est aussi inquiet pour l’avenir. « On parle de cette année, mais s’il y a des cas de dermatose encore cette année en France, l’interdiction peut durer 5 ans, 7 ans. »

Christian Bugnon : « Ça commence à peser et à devenir très lourd. »

L’éleveur du Cerneux-Péquignot reconnait que, depuis qu’il a repris l’exploitation en 2020, il a eu de nombreux épisodes compliqués : entre le loup, la bataille qu’ont dû livrer les agriculteurs lorsqu’ils ont été accusés de polluer les marais et maintenant cette interdiction. Il espère, à défaut d’avoir une dérogation, obtenir des indemnisations. Le dossier est dans les mains de la CNAV qui tente, en compagnie des autres cantons romands, de faire pression sur la Berne fédérale. /lgn


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