Dans le canton, 27% des Ukrainiens en âge de travailler avaient un emploi fin novembre. Un nombre légèrement plus bas que les 33% fixés par la Confédération. Berne tient compte de la situation économique des cantons, notamment leur taux de chômage.
Un peu plus d’une personne sur quatre (27%) au bénéfice d’un permis S et en âge de travailler avait un emploi fin novembre dans le canton de Neuchâtel. Un nombre qui peut sembler très bas en rapport avec l’objectif de 50% fixé par la Confédération sur tout le territoire. Objectif qui n’a pas été atteint avec un taux de 46%. Dans le même temps, Berne a revu ses critères et prend désormais en compte la situation économique des cantons, notamment leur taux de chômage. Pour Neuchâtel, il l’a fixé fin novembre à 32,9%.
Florence Nater, conseillère d'Etat : « Les Cantons ont pu faire entendre que les situations sont très différentes d’un canton à l’autre. »
En décembre 2025, Neuchâtel comptait 1471 personnes détenant un permis S, dont 848 en âge de travailler, selon les chiffres fournis par le Canton de Neuchâtel.
Un plan d’action
La Confédération demande aux Cantons qui n’ont pas atteint leur objectif de redoubler d’efforts et de présenter des mesures supplémentaires. Florence Nater, conseillère d’Etat en charge du Département de l'économie et de la cohésion sociale, relève qu’un plan de mesures existe pour les personnes en provenance d’Ukraine. « La première priorité est l’apprentissage de la langue. » Dès le mois de mars, une personne du Service de l’emploi sera spécifiquement dédiée à l’accompagnement des demandeurs d’emploi en provenance d’Ukraine. « Et du côté du Service des migrations, on a des conseillers en insertion socioprofessionnelle qui suivent ces personnes de manière très régulière. »
« Il s’agit de réduire les délais pour avoir accès aux cours de langue. »
Les principales difficultés
La maitrise du français est très importante dans un canton comme Neuchâtel avec un secteur industriel très développé. Florence Nater est souvent frappée, quand elle visite les entreprises, du nombre de machines « qui nécessitent de bien comprendre la langue pour maitriser la technique. » La garde des enfants est aussi un défi. La conseillère d’Etat rappelle que beaucoup de personnes en provenance d’Ukraine sont des femmes avec des enfants.
L’incertitude du statut S pèse aussi sur l’insertion professionnelle. « On attend des personnes qu’elles s’intègrent professionnellement (…) sans savoir quelle sera la durabilité de leur séjour en Suisse. Donc, pour les employeurs aussi, c’est un défi. » Le taux de chômage qui a augmenté depuis le début de la guerre en Ukraine ne facilite pas non plus l’insertion de personnes au bénéfice d’un permis S.
« Il y a aussi le défi de la garde des enfants. »
Un problème se pose aussi pour les mères de famille qui souhaitent travailler à temps partiel. Leur revenu « n’est potentiellement pas suffisant pour sortir de l’aide sociale (…) et leur budget reste dans celui des normes de l’aide sociale. » Le Département de Florence Nater regarde s’il serait possible d’ajuster les franchises pour être un peu plus incitatif. /sma









