Le dernier film de la réalisatrice Alice Winocour sort ce mercredi 18 février en salle. Elle était de passage fin janvier à Neuchâtel avec l’actrice Ella Rumpf pour une avant-première. L’histoire se déroule pendant la Fashion Week de Paris et met en scène plusieurs destins de femmes à travers leurs blessures.
Plongée au cœur de la Fashion Week de Paris. « Coutures », le dernier film d’Alice Winocour sort en salle ce mercredi 18 février. La réalisatrice et l’actrice Ella Rumpf, étaient à Neuchâtel fin janvier pour le présenter en avant-première. L’intrigue se déroule dans le tumulte du défilé de mode parisien. Maxine, une réalisatrice américaine, jouée par Angelina Jollie, apprend qu’elle a un cancer. Une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Au même moment, elle croise le chemin d’Ada (Anyier Anei), une jeune mannequin sud-soudanaise qui vient de quitter son pays et se retrouve au milieu de cette spirale inconnue du monde de la mode. Maxine et Ada vont aussi se retrouver sur la route d’Angèle (Ella Rumpf), une maquilleuse qui aspire à une nouvelle vie. Malgré leurs différences, le parcours de ces trois femmes se rejoint et une solidarité se met en place.
Un parcours de destins multiples
Alice Winocour relève que jusqu’à présent, ses films se déroulaient toujours « autour d’un parcours individuel. (…) Et là, j’avais envie de raconter une histoire collective (...) de créer une forme de ronde de toutes ces femmes qui se croisent dans la ville. » Dans un monde de plus en plus individualiste, Alice Winocour dit avoir un besoin de se reconnecter aux autres. « Cette idée d’exalter une sorte de solidarité féminine a été le point de départ. »
Cette solidarité, c’est aussi ce qui a séduit Ella Rumpf. Le rôle d’Angèle « fonctionne en parallèle avec d’autres femmes qui traversent toutes une autre trajectoire plus ou moins difficile et qui se battent toutes pour la vie. » Parallèlement à son travail de maquilleuse, Angèle écrit l’histoire des femmes qu’elles rencontrent.
Ella Rumpf : « Angèle, c’est elle qui maquille les jeunes femmes, qui les accompagne, qui les écoute. »
Cacher ses blessures
Alice Winocour a choisi le monde de la mode « car j’ai l’impression qu’il est peu regardé alors qu’il pénètre notre monde. » Cet univers, la réalisatrice l’a aussi vu comme une métaphore de « notre monde contemporain, un monde d’apparence où on doit donner une surface lisse et cacher ses blessures, d’où le titre Coutures, avec s. »
Alice Winocour : « J’ai vraiment eu la sensation de coudre le destin de plusieurs femmes ensemble. »
« Coutures » c’est aussi le destin de trois femmes : Maxine, Ada et Angèle qui partagent des cicatrices, des blessures, visibles et non visibles. Elles ont des âges différents, des métiers différents sont de différentes origines, mais elles ont en commun « cette idée de réparation ».
Alice Winocour : « Elles ont besoin de réparation. »
Ce besoin de réparation, Angèle le comprend. Elle écrit l’histoire des femmes qu’elle maquille. Elle leur donne vie, leur donne de la voix dans ce monde de la mode où elles ne sont que des corps.
Ella Rumpf : « Angèle est une sauveuse d’âmes. »
Un film né d'une expérience intime
Alice Winocour est partie de sa propre histoire pour écrire et réaliser « Coutures ». Elle a elle-même été atteinte d’un cancer. Pour incarner le personnage de Maxine elle voulait « que ce soit une étrangère, parce qu’il y avait l’idée de quelqu’un perdu dans cette ville qu’il ne connait pas. » Et aussi de quelqu’un qui avait vécu cette situation dans sa chair.
Alice Winocour: « Angelina Jolie n’a jamais eu de cancer du sein, mais sa mère et sa grand-mère oui. »
Dans son casting, Alice Winocour a aussi choisi de mettre en relation des actrices d’horizon et d’expérience différents. Angelina Jolie, qui a une immense carrière à son actif et, à l’autre extrême, Anyier Anei qui commence au cinéma.
Ella Rumpf : « Angelina a une expertise incroyable. (…) Anyier a une vérité de débutante qui est incroyable. »
« Coutures » sort ce mercredi 18 février en salle. À Neuchâtel, il est projeté au cinéma Studio. /sma









